‹ Œuvres complètes de H. RigaultChapitre 38 sur 85 · République f 11 v. I, chap. n · texte numérisé non relu

République f 11 v. I, chap. n

enveloppé de nuages et à peine discernable à l'horizon ! Ce n'est là qu'un rêve, ou plutôt un oubli : car M. Reynaud, ébloui de la gloire du xvnr siècle, a méconnu ses plus anciens aïeux. M. de Fontanes, épuisant l'ironie contre la théorie de Mme de Staél, affirmait que l'idée de progrès était éclose de quelques vers du Mondain de Voltaire, pris au sérieux et couvés philosophiquement par M. de Condorcet. M. Reynaud, par admiration pour le xvm' siècle, a fait ce que M. de Fontanes faisait par dédain, et il a supprimé, d'un trait de plume, tous les pères de la doctrine ; il a coupé les plus illustres branches de son arbre généalogique, qui devient entre ses mains un arbrisseau né d'hier, et dont les vraies racines pourtant touchent à Bacon et à Rabelais. L'admirable passage de Pascal sur l'humanité, « considérée comme un seul homme qui subsiste toujours et qui apprend continuellement \ > n'est que l'écho d'une page, peut-être plus belle et plus expressive encore, du Novwn Organvm*. "Puis nous arrivons à Desmarets, à Perrault, à Fontenelle, et à cette immense question des anciens modernes, renouvelée de l'antiquité par le XVII* siècle, et dont l'origine précède encore de si loin l'époque prédestinée qui, selon M. Reynaud, mériteseule lagloire d'avoir proclamé la perfectibilité. Mais maintenant que nous voilà parvenus à l'âge d'or, et que nous nageons dans le plein courant de l'idée de progrès, ne peut-on renverser l'argumejit? Tout à l'heure, je démontrais que, dans les siècles mis hors la loi par M. Reynaud, on avait cru au progrès, que le génie humain n'avait pas été si complètement plongé dans la nuit aviint le xvnr siècle, et, comme M. de Maistre dit de Bacon, qu'il était au moins dix heures du matin lorsque Condorcet s'est levé. Faut-il prouver

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