Mélanges y t. XXVII, p
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SÇi $TUÛES mTËEAUŒS ET ^fûRAI^S.
yn titrp q^i rendrait in^ulgen^ 1^ goOt le plus sévère, le titre d'étr^ng^r. M. Tabbé Lecowrtier obtient le plus grand succès 4an8 s^s confé^epces, c*est un succès pfiérité, Il a 4'abord toutes les qualités e](térieures du prédics^teur, une voi^ pépétrante, i|n geste persuasif, une action oratoire pleine de grâce et de distinction. Il aime, lui avisai» les images; il dira volontiers avec Cicéron et Minqciqs Féliip qu*il f£|ut \3iii\iv à Dieu un temple dans son âme ; il définira la retr^^ite 4ii pi^ôme une restauration de ce s^int édifice, qui ^ si|bi quelque dégradation pendant l'année; et, poqsr sant à bout le parallèle, il comparera son auditoire k Véglise Notr^T-Dame, autour de laquelle sont encore dressés des échaffiudages ; il se comparera Iqi-môme à Tun de ces ouvriers qui arrachent les pierres usées par le temps, et gui ornent de sculptures élégantes celles que le temps a respectées. Mai3 il déroule avec tant de délicatesse toutes ces similitudes, qii'on se reprocherait d'accqser de co-^ quetterie ppe éloquence si aimable. Il se complaît aux anecdotes et m0me AUX épigrammes inoffensives, qui font soul4re les jeunes femmes. < J'ai fait un rôve, disait-il derniè? rement, j'ai rêvé que je vous voyais faire un carême par-r fait, iin carême pénitent, où l'on s'abstenait de tous les F^fiBnem0nts sensuels (et ici l'orateur, dans une périphrase ingénieuse comme les périphrases de l'abbé PeliUe, proscrit 4e soQ cfu^ême pt^rfait le thé et les petits gâteaux), un carême où l'on ne remplaçait pas les mouvements cadenr ces du corps par le plaisir piusical de l'oreille, où Ton ne fair sait p^p de h charité, cette fille du ciel, la dame patronnesse d'un bal, et où on ne lui mettait pas dans la main le cothurne de la déclamation ou le brodequin de la comédie en guise de bourse à quêter. Mais vous le voyez bien, mesdames, ce carême parfait, c'était un rêve, i Et ces dames sQurient, chuchotent entre elles, et regardent leur orateur d'un air intelligent, comme Philothée quelquefois devait regarder
saint François de Sales. Il y a du François de Sales danf l'abbé Lecourtier, mais, je le répète, il y a aussi du Delille. Il serait parfait s'il avait moins d'esprit.
Pour bien juger le P. Ventura, il faut lire les homélies qil'il a préchées à Saint-Louis d'Ântin, et publiées sous ce titre : Iss Femmes de FÉvangUe K Le P. Ventura comprend à merveille les devoirs de la prédication chrétienne. Il re* pousse loin de lui, du moins il l'affirme dans sa préface, « cette éloquence mondaine, vain luxe d'esprits légers qui s'é^ yaporeen descriptions frivoles, en paroles sonores, en traits cherchés, en fleurs, en ornements, en fard que le goût le plus indulgent ne saurait pardonner, pas même dans un roman, et dont la vérité est obligée de rougir, comme une honnête femme en se voyant couverte de la robe d'une courtisane. » On yoit que le P. Ventura juge encore plus sévèrement que nous la prédication de notre temps, qu'il définit même quelque part une éloquence scandaleuse. Ce qu'il demande, c'est que les orateurs marchent sur les traces lumineuses de Bossuet. Excellent conseil assurément, mais difficile à suivre! J'^oute qu'il s'applique à gravir dans cette voie avec le plus louable effort ; il déploie des qualités très-précieuses, la solidité de la science théologique, la connaissance profonde de l'Écriture et des Pères , une grande force de raisonnement, mais souvent aussi il tombe dans une subtilité de dialectique que Bossuet ne se permet qu'en la couvrant de rédat de son imagination. Cette subtilité s'étale naïvement chez le P. Ventura, quand il étudie, par exemple, l'histoire de la fille de Jaïr, au sens immédiat ou littéral, au sens tropologique ou moral, et au sens anagogique ou relatif à la vie future; et quand il fonde un discours tout entier sur une distinction entre l'Église mère et la mère Église. Trop souvent encore il se pose des questions, très-bonnes