‹ Œuvres complètes de H. RigaultChapitre 57 sur 85 · IV Î · texte numérisé non relu

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et qui lui font trouver un charme plus profond dans le calme de la mer et la sérénité des cieux.

De même, plus près de nous, jamais les douces peintures de la grflce des champs, des moissons et des fleurs, n'ont été plus touchantes que dans ces poésies d'un témoin, d'une victime des discordes civiles, dont la voix tour à tour suave, plaintive, vengeresse, chante le printemps vermeil, pleure sur la patrie, et chfltie d'un ïambe immortel < les bourreaux barbouilleurs de lois^ » C'est en ftiyant la France et le spectacle de ses convulsions que NL de Chateaubriand a trouvé dans les savanes d'Amérique ces images, ces couleurs, qui ont rajeuni l'art et la littérature. Depuis ces terribles années, le monde n'a plus senti de si longs ébranlements; mais le sol a de nouveau tremblé plusieurs fois, et à chaque secousse sont tombés des institutions, des trônes , des dynasties. Depuis soixante ans, dans nos intervalles de repos entre deux catastrophes , nul n'a pu affirmer que la terre se raffermissait enfin sur ses vieux fondements, et que les tentes légères qui abritent nos têtes étaient des édifices de granit et de marbre, où nous pouvions dormir en paix. Devant un tel passé , si fécond en orages, et devant l'avenir, si rempli de mystère , bien des ftmes vigoureuses, meurtries aux contre-coups de toutes ces grandes chutes, se sentent lasses et vaincues; la vue des choses humaines les agite et les froisse; elles éprouvent le besoin de se pacifier, et où trouver la paix, où trouver la vie pure de la réflexion et la calme retraite dans la sphère des idées , sinon loin de la ville, centre des intérêts, théâtre de l'action ? La rosée qui se répand le soir sur les plantes fatiguées de la chaleur du jour n'est pas plus salutaire que cette paix intérieure , versée par la ut* ture sur les ftmes qu'a blessées le contact des choses. Quand

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