‹ Œuvres complètes de H. RigaultChapitre 76 sur 85 · Septième discours ^ p. 376-378. — 2. /btd., p · texte numérisé non relu

Septième discours ^ p. 376-378. — 2. /btd., p

prince au pouvoir spirituel du pape, et TÉtat à l'Église, comme un enfant est soumis à sa mère, comme un capitaine à son amiral, voilà la seconde condition que doit observer un nouvel Empire, s'il veut éviter le sort du premier ; voilà la c politique nouvelle » dont parlait tout à l'heure le P. Ventura. On voit peu à peu se dessiner les linéaments du Concordat qu'il propose. Ce n'est ni plus ni moins que le renversement de tous les principes modernes et la restauration des principes du moyen Age. L'Église n'est plus dans l'État ; c'est l'État qui est dans l'Église, le P. Ventura le dit expressément K L'État ordonne et défend ce que l'Église ordonne et défend, c'est-à-dire que l'État se charge de discerner la vérité religieuse et de la faire prévaloir, c'est-à-dire qu'il renverse la barrière si prudemment dressée entre la loi et la conscience, c'est-àdire, comme parle M. Royer-Collard, que la vérité religieuse s'empare de la loi , fait les constitutions politiques et civiles, que le royaume de Dieu est de ce monde, contre la parole de l'Évangile, et que le prêtre devient roi *. L'Église est suzeraine de toutes les couronnes : le pape, et le pape seul, a le droit de régler les différends des souverains, de juger et de déposer les rois, de délier les sujets du serment de fidélité. Le P. Ventura accepte intrépidement toutes ces conséquences. Il dit que la doctrine césarienne et gallicane, qui revendique Tindépendance des rois à l'égard du saint-siége, est celle qui, sur les débris du droit chrétien, a inauguré en Europe le droit païen des Domitien et des Caligula. Il dit que, depuis que les peuples et les rois se sont dérobés à la douce tutelle de l'Église, leur mère et leur médiatrice, les rois n'ont plus été que les tyrans des peuples, et les peuples que les bourreaux des rois. Et se

Page 1