DEUXIÈME PARTIE
CONfSlOÉBATIONS HISTORIQUBS ET POLITIQUBS SUR LA NOUVEUE
coHSTmrrioir.
Le» alliés étaient entrés TÎctorieux dans les Pays-Bas au mois de Février 1814 , l'empereur de Russie et les généraux prussiens avaient fait précéder leur entrée (car les Autrichiens ont a^ en Italie, sur le Haut-Rhin et par la Suisse) par des proclamations pompeuses de désintéressement , de renonciation à toute espèce de conquête, déclarant à la face de l'univers et devant Dieu , qu'ik n'avaient d'autre but que de détruire l'ennemi commun , le perturbateur de l'Europe , Napoléon Bonaparte^ et de rétablir les états et les peuples dans leurs anciens droits; en conséquence ils invitaient, surtout en particulier les Belges, par le souvenir de leur ancienne réputation de courage et de bravoure, à prendre les armes et à concourir avec les alliés pour chasser les Français du pays.
Il ne iallait pas tant pour exciter les Belges et les préparer à la guerre : ils ne supportaient qu'en rugissant, le joug français depuis vingt ans; et dans cet intervalle, ils s'étaient insurgés plus d'une fois, notamment en Frimaire an 7 (Octobre 1798) lorsque, loin d'avoir aucun secours à attendre d'aucune puissance , toutes les puissances , si l'on
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en exceple TÀDgleterre, recevaient la loi du vainqueur el se laissaient subjuguer et démembrer l'une après l'autre, faute de se réunir sincèrement et efficacement contre l'ennemi commun.
Les Prussiens avaient donc à peine passé le Waal et étaient entrés dans les Campines , que le petit peuple des villes commençait à se réunir dans toutes les provinces belgiques , et qu'il voulait sacrifier à sa rage et à sa vengeance les employés français et les acquéreurs des biens nationaux. La même effervescence se communiqua aux villages , où la police a moins d'activité ; des maires , des gardes champêtres et autres employés furent insultés , maltraités et chassés des villages ; on réfusait de payer les contributions , les réquisitions etc. tout eut été mis en combustion et le pays plongé dans la plus horrible anarchie populaire , si les personnes moyennées ne se fussent coalisées et réunies pour maintenir la tranquillité publique. L'on s'empressa d'organiser dans toutes les villes et bourgs des compagnies de bons bourgeois , pour oonserver l'ordre et prévenir les pillages et les massacres, ce ne fut qu'avec des peines infinies qu'on parvint à tenir le peuple en bride.
Cependant , les Français avaient retiré la plupart de leurs troupes de l'intérieur de la Hollande , pour venir renforcer les corps du maréchal Macdonald et du général Maison , dans les Campines et sur la rive gauche du Bas-Rhin ; les Hollandais ayant sur leurs frontières une armée prussienne et anglaise , saisirent cette occasion pour s'insurger , chaasèrent de leur pays le reste des troupes françaises qui y étaient encore, ainsi que les employés français; rappelèrent le prince d'Orange de l'Angleterre , où il s'était réfugié et le
CHARGfK BK MlDIGBR UN P&OJST BS CONSTITCTION. 21
prodamèrent prince souverain dee Provinoèe^Unies des Pays-Bas.
Les Bel^ , qui n'étaient pas moins disposés à l'insurrection , mais à une insurrection qui ne fut pas l'ouvrage de la canaille , se trouTaient dans une situation différente de celle de la Hollande , ils se trouyaient sans armes , sans munitions et sans espmr de secours, entre deux feux; en ayant, ils ayaient le corps français du général Maison , renforcé par les troupes françaises , yenues de la Hollande et par le corps du maréchal Macdonald, yenu d'au-delà du Rhin; par derrière ils étaient menacés par les garnisons des places frontières de la France. Si , dans cette situation , la Belgique se fut insurgée , elle eut été mise inévitablement à sac et à feu par les armées françaises.
Les Prussiens et les Cosaques entrèrent en Belgique en Février 1814, jamais on ne vit un enthousiasme pareil dans la nation ; si dans ces premiers momens ils eussent fait un appel aux armes , dt s'ils en eussent fourni aux Belges désarmés, l'on peut crmre que plus de 100,000 se seraient présentés pour servir tout le temps de la guerre ^ puisqu'il était facile de prévoir qu'elle ne pouvait pas être de longue durée.
Aussitôt qu'ils étaient entrés, accueillis avec cet inexprimable enthousiasme, tout le monde crut, que, conformément aux promesses faites par les proclamations des alliés, ils eussent convoqué les états des provinces et rétabli tout sur l'ancien pied; mais, tout au contraire, ils conservèrent le système et le régime français , non seulement dans toutes ses parties , rappelant même à cet effet les employés qui étaient en fuite, mais les charges des habitans accrurent encoi^e de toute la masse des prestations militaires et des emprunts
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foroés qu'exigèrent les années Prussiennes, qui inondèrent successiyement la Belgique et qui y vivaient tellement à discrétion qu'on était presque tenté de regretter les Français.
En moins de trois semaines tout cet enthousiasme national était amorté ; les plaintes , se multiplièrent , mais en vain, et le mécontentement devint général. Les syndics des nations de la ville de Bruxelles eurent même le courage de Caire de remontrances pour obtenir le rétablissement de Fanden ordre des choses; pour chasser tous les employés français^ qui entouraient le gouvernement provisoire, lequd agissait au nom commun des hautes puissances alliées; pour annuUer toutes les ventes des biens nationaux et pour convoquer les états : loin de les écouter, l'on menaça de les foire poursuivre en justice, et tandis qu'on accorda un oubli général pour tous les crimes et extravagances révolutionnaires, l'on fit poursuivre ceux qui avaient commis des excès contre le parti français, à l'entrée des alliés!
Dès-lors on commença par insinuer, dans l'occasion , aux Belges , que les alliés regardèrent la Belgique cohime pays conquis; et en effet l'on vit bientôt que les puissances alliées l'exploitaient comme tel et s'en partageaient les dépouilles par terme , puisqu'on la fit gouverner en premier lieu , par deux gouverneurs prussiens, le comte deLottum et Délius; ensuite par un gouverneur autrichien, le baron Vincent, et à la fin par le prince d'Orange.
Un événement inattendu rendit la situation des armées alliées et la Belgique très-critique et alarmante. Au moment où les alliés étaient sur le point d'entrer à Paris , la désiuiion commença à se mettre entre eux; la Rusûe, la Prusse et l'Angleterre voulaient détrôner Bonaparte; l'Autriche s'y
CHAEGfl Dl EiDIGBR UH PKOJIT DI COUSTITUTIOEr. 23
oppoaait; elle commençait à chanceler dans son alliance; ses annëea en Bourgo^e demeuraient dans l'inaction; tout le poids de la guerre en Champagne tomba sur les Russes et les Prussiens, Bonaparte en profita et battit les Russes et les Prussiens jusqu'à les foire reculer à Laon, tandis qu'il les ayait coupés des Autrichiens et du Haut-Rhin et par conséquent de leurs Tivres, qui deyaient Tenir par l'Alsace, la Lorraine et la Suisse; l'armée française de ces côtés était déjà sur les derrières des alliés , et Bonaparte , fier de ses succès , se croiait tellement sûr de les détruire, qu'il demanda avec oi^eil au maréchal prince de Wagram , c< s'il ne croiait pas « les Français plus près des portes de Vienne, que les alliés « près les barrières de Paris? »
En effet, tandis qu'il battait les Russes et les Prussiens en Champagne , jusques yers le milieu du mois de Mars ; il fit Cure une invasion dans la Belgique , par l'armée du général Maison , qui s'était maintenu dans la Flandre française ; Anyers, toutes les forteresses hollandaises sur l'Escaut, la Meuse et le Rhin , Luxembourg même , Mayence , les places fortes de toute la frontière du Rhin*Moyen , de l'Alsace et de la Lorraine étaient encore au pouvoir des Français et avaient des garnisons plus ou moins fortes, qui n'étaient qu'observées par le corps du prince Sax6-Weunar, inférieur aux forces que les Français auraient pu rassembler, et composé d'ailleurs de troupes de la landswehr prussienne et saxonne , dont la plupart n'avaient pas encore vu le feu.
Si donc les succès de Bonaparte se fussent maintenus , et que le général Maison se fut joint , conmie il l'a fait, au gouverneur d'Anvers, le général Camot, et que ceux-ci réunis, eussent rassemblés, comme il semble que c'était le plan ,
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successivement , les garnisons de ces places fortes , et fussent avancés ensuite par la rive gauche du Rhin et par le Luxembourg , à la rencontre de Bonaparte , arrivant par FAlsace et la Lorraine, où déjà tout était en insurrection contre les alliés; ceux-ci se seraient trouvés entre deux feux et sans retraite , et que seraient-ils devenus dans tous les cas , si les Français rentrant dans ces momens dans la Belgique, les généraux Cafnot et Maison eussent promis et efficacement garanti aux Belges le rétablissement de leurs anciennes lois et usages , sous la garantie de la France et le gouvernement indépendant d un prince quelconque , n'eut-il pas été à crain* dre, que les Belges, trompés par les promesses des alliés, n'eussent fait cause commune avec les Français et fait changer entièrement la £aice des affaires ?
Cependant , loin qu'aucun mouvement se manifestât pour la cause des Français dans ces provinces, la consternation devint au contraire générale^ si l'on excepte le parti français, qui commençait déjà à lever un peu la tète; tant on avait en horreur le régime français, qu'on préférait de le souffirir encore momentanément sous l'aggravation du gouvernement prussien, que de songer à retourner sous la domination française, parce qu'on espérait toujours de retourner soua la domination autrichienne et de recouvrer par elle nôtre ancienne constitution !
Heureusement la victoire du maréchal BlUcher, dans les plaines de la Champagne vint déjouer les plans de Bonaparte; les Russes et les Prussiens s'emparèrent de Paris , et le sénat , en déclarant Bonaparte déchu du trône et y appdant Louis XVIII, renversa les projets et déjoua la faible politique du cabinet autrichien.
CHA&GtE DE BfDIGER UN PROJET DE CONSTITUTION. 26
Dans l'intervalle des bruits sourds circulaient sur les apparences d'une réunion de la Belgique à la Hollande ; des brochures même furent répandues sur les avantages de cette réunion et combattues par d'autres brochures en sens opposé. Il s'éleva même des espèces de partis pour et contre; mais le gouvernement les comprima; aussi celles en faveur de lunion étaient pitoyablement écrites et plus mal encore motivées ; elles étaient d'ailleurs très-maladroitement rédigées; ce qui fit, qu'elles faisaient tort à la maison d'Orange, au lieu de disposer les esprits à cette union; car au lieu de faire sentir la nécessité et les avantages positifs de cette nnion et la facilité de conserver l'ancienne constitution de la Belgique , si non pas tout à fait dans les anciennes formes , au moins dans le fond , l'on s'avisa d'insulter le clei^ , de vilipender la représentation du tiers-état, de calomnier la noblesse et d'afficher une indifférence sur le point de la religion catholique.
Le peuple qui ne pénétrait pas les motifs politiques de cette réunion , ainsi que nous les avons développés au commencement de ce Journal^ le peuple qui avait oublié ou ne connaissait pas les guerres, que la fausse politique du traité de Westphalie avait fait naître et devait perpétuer dans l'ancien ordre des choses; la généralité enfin, de la nation, qui s'était vu heureuse et enrichie sous l'ancienne constitution et sous le gouvernement de l'Autriche , croyait que nous ne pouvions conserver ces avantages^ que sous la domination autrichienne.
Une députation de la ville de Bruxelles, ayant à sa tête M. De Jonghe, ancien conseiller-pensionnaire des états de Brabant, se rendit au camp près de l'empereur d'Autriche,
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pour lui témoig^Der les yœux de la Belgique, il s'en retourna arec ces asssurances banuales de protection ; une autre alla ensuite à Londres et n'en rapporta rien de plus positif sur notre sort futur.
Entretemps , le baron Vincent , envoyé de la part de rAutriche, avait remplacé le gouYemement prussien, mais toujours au nom tles hautes puissances alliées; quoiqu'il jouât son rôle comme les Prussiens , il modifiait néanmoins ses discours et ses réponses de manière qu'on ne sut à quoi s'en tenir, et tout équivoques qu'ils fussent on aimait à les interpréter dans le sens du retour de l'Autriche.
Sous son gouvernement on commença par lever des bataitr- Ions belges et le général comte de Murrài , Autrichien , vint au pays pour les organiser; dès-lors, plus que jamais l'on commençait à croire au retour de la Belgique sous la domination autrichienne.
Ce n'était pas qu'on recherchait cette domination par prédilection , car , depuis le règne de Joseph II , la confiance et l'amour des Belges avaient diminué considérablement pour la maison d'Autriche , mais on espérait que par le retour sous sa domination , nous aurions recouvré notre ancienne constitution , que l'empereur avait si solennellement confirmée par la convention de la Haye du 10 Décembre 1790 et garantie par son ordonnance foudroyante contre les novateurs du 4 Avril 1794.
Le public et notamment le clergé ne consultait en tout ceci que l'intérêt du moment , il ne lisait ni dans le passé ni dans l'avenir.
Je ne partageais pas son opinion et je m'expliquais dans l'occasion et entre amis , dès le moment où la France a vu
GHAaefB DB BiDIGn UN PâOJIT DE COHaTITUTION. 27
anéantir sa puissance à Moscou , que la réunion de la Hollande et de la Belgique était derenue nécessaire et indispensable , puisque le traité des barrièreg avait prouyé , que sans cette réunion il était impossible d'empêcher la France de conquérir les Pays-Bas Autrichiens et la Hollande , et de pousser ses conquêtes jusqu'à la Mer Baltique. Qu'il était donc hors de toute appai*enoe , que l'expérience de plus de deux siècles , depuis le traité de Wesiphalie , n'eut pas ouyert les yeux aux puissances , et que par ces motifs je ne doutais pas un instant de la réalisation de ce projet de réunion \ que j'en doutais moins aujourd'hui , parce qu'il n'était pas probable que l'Autriche aurait abandonné , conune elle taisait , ces pays à la discrétion des alliés et surtout à la Prusse , si elle ayait enyie de les reprendre sous sa domination. Cette opinion , qui contrariait le yœu général , m'a causé quelquefois des désagrémens.
Mais tout en préyoyant et désirant cette réunion comme sauvegarde de ma patrie et en même temps ayantageuse , je désirais qu'elle se fut faite ayec le concours des états et non pas par les puissances , sans le consentement de la nation.
C'est dans ces yues que je fis paraître mes Recherchée 9ur leslnauguratiùns(^)\ cet ouyrage portant sur une matière peu ou point connue , fit une grande sensation dans le pays ; mais il n'en fut ni plus ni moins : le congrès de Vienne , qui survint ensuite , a décrété la réunion sans nous entendre, et cette maison d'Autriche qui, dans le siècle passé a dû trois fois son salut aux trésors des Belges , les a aban-
(1) OBayres complètes, Tom. I.
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donnés sans leur dire adieu , et les a livrés pieds et mains liés sans aucune stipulation en leur feyeur.
Cependant le gouyernement du baron Vincent avait hit place à celui du prince d'Orange, qui vint gouverner la Belgique , mais aussi au nom (tes hautes puissances alUées, et dès-lors la nouvelle de la réunion de la Belgique et de la Hollande s'accrédita peu à peu et devint certaine.
Je flottais entre l'espérance et la crainte ; si les sentimens que le prince d'Orange ne cessait de manifester, me rassuraient d'une part; d'autre part, la conduite qu'on tenait envers le tiers-état de Brabant qui seul s'était montré, me causait plus que des doutes sur l'avenir.
Au milieu de cette fluctuation, je voyais que ce même tiers-état était mal instruit sur les droits nationaux; que ses conseils avec toute leur bonne volonté et leur zèle , n'avaient pas les connaissances nécessaires. Ils le sentaient eux-mêmes ^ puisque dans la suite, au mois d'Août 1815, M. le chevalier Vandersteghen de Putte, en m'adressant un exemplaire de son Adresse du peuple Belge à la nation Anglaise (N^ 1 (0), me pria de foire un travail sur nos droits civils et politiques. J'avais déjà prévenu ses désirs , mais mon travail n'a pas été rendu public, car immédiatement après l'arrivée du prince d'Orange , j'avais rédigé les Observations d'un Belge sur le sort éventuel des Pays-Bas Autrichiens (N^ 2) , j'avais chargé l'avoué M. Audoor à Bruxelles, de les donner à M. Drughman, ancien conseiller pensionnaire de la ville de Bruxelles et le conseil du tiers-état; mais M. Audoor sans mauvaise intention , les laissa lire au baron de Capellen , secrétaire d'état ,
(1) Les pièces justificatives se trcavent à la fin de ce Journal.
CHARGiE DE RÉDIftER UN PROJET OE CONSTITUTION. 29
celui-ci les a remis , à ce qu'il a dit , au roi qui a manifesté le désirde les lire et qui ne les a jamais rendues. Il est probable que le roi ne la jamais vues. J'avais aussi rédigé un plan pour une députation générale de toutes les provinces , aux puissances alliées, pour solliciter le maintien de nos constitutions , mais cette démarche n'a pu se réaliser (N^ 3).
Le prince aurait bien touIu se faire aimer dès le premier moment; il fit même l'impossible pour Tétre. Il adoucissait la rigueur du régime et des lois autant qu'il put; mais le peuple était trop mécontent et trop exaspéré par. la continuation du régime français , maintenu par les Prussiens à leur entrée en Belgique et par la conservation des partisans du système français dans presque tous les emplois ; il arriva de là que ce prince ayant été Tisiter les principales villes de la Belgique , fut reçu froidement dans quelques-unes et qu'à Bruxelles même il obtint peu d'accueil, malgré sa bouté et son affabilité.
Retiré des affaires par dégoût et par l'âge , je ne parus pas à la cour ; je demeurais spectateur tranquille des événemens , malgré les sollicitations des gens de bien de me mettre en éyidence, lorsque, par lettre du 30 Août 1814, le baron De Gapellen , secrétaire d'état , m'invita à venir à Bruxelles pour avoir un entretien avec lui.
Je me rendis à son invitation; j'eus avec lui une conférence de deux heures et le lendemain une autre avec le prince d'Orange de sept quarts d'heure , toutes deux tête à tête , sans aucun témoin.
La conférence roula sur le mécontentement du peuple, sur Tancienne constitution , sur l'ancien gouvernement , sur le gouvernement provisoire actuel , sur celui qu'il conviendrait d'établir. Son altesse royale me permit de lui dire franchement