CHAPITRE II
DBS ÉTATS «ÉIftBAVX.
J'ai proposé et réussi à établir les états généraux en deux chambres; on peut en voir les motifs dans mon Journal.
L'on assure , par l'art. 58 , aux nobles ou corps équestre de chaque province , un quart dans la représentation nationale ; mais on ne lui assure ce droit que par une loi, par une loi à faire , et que le roi se réserve de proposer.
Mais le roi ne peut pas faire seul la loi ; et où en sera l'ordre équestre , si les états généraux réjettent la loi à pro^poser ?
Supposons qu'ils l'adoptent , ce ne sera jamais qu'une loi , et une loi est révocable.
Ainsi , une partie de la représentation nationale n'est pas constituée, puisqu'elle est révocable et précaire; est-ce ainsi qu'une nation se constitue ?
Mais en admettant l'ordre équestre pai* province , est-ce bien politique d'en avoir exclu l'ordre du clergé , dans les provinces catholiques , où il a toujours formé le premier des trois ordres?
L'influence du clergé sur le peuple dans les provinces catholiques est connue; il me semble qu'il aurait fallu le ménager dans ces circonstances , surtout où notre roi est de la religion prétendument réformée et que cette considération n'est déjà pas indifférente aux yeux du vulgaire. Le temps nous apprendra si j'ai bien prévu.
On n'a pas voulu de publicité des séances , c'est cependant le seul moyen pour concilier aux états généraux la
CHAUGiB BE RÉBIGIR UN PROJET DE CONSTITUTION. 53
oonfiance de la nation et pour former et nourrir l'esprit public, qui feit la force des empires (^). Au moins , si, à l'exemple des Etats-Unis de l'Amérique , on eut résolu de rendre le lendemain de chaque séance , publiques , par la Toie de l'impression , les débats et les résolutions de la Teille , on eut atteint ce double but.
Les Hollandais avaient détruit la liberté dans ses bases , en donnant une perpétuité de subsides au premier chef du budjet ; cette faute a été réparée , comme l'on peut voir dans mon Joumtd,