L'ëtat des personnes consistait en
Cl&rgé (Sacerdotes) (0;
Hommes libres;
Affranchis ( libertini ) W ;
Et 5er/%W.
Le Tol des oiseaux et le hennissement des chevaux faisaient partie de leurs augures ; faut-il s'étonner que les Flamands , issus comme Belges , de ces Germains , se soient flattés en 1302, de la yictoire dans les champs de Groeninghe lez- Courtrai , parce que les chevaux de l'armée française n'avaient pas henni depuis trois jours , et qu'un corbeau avait constamment suivi le cheval du frère du comte d'Artois depuis Cambrai <^).
18. La noblesse consistait en un lignage sans tache de servitude; les Turcs et les Sarrasins la mesuraient encore ainsi du temps de St. Louis (®).
Ce sont là nos toel geboome memnen, qui jusqu'au temps du duc Philippe de Bourgogne , avaient rang parmi les nobles immédiatement après les chevaliers (^).
19. Les hommes libres étaient ceux dont la naissance n'était entachée d'aucune origine de servitude.
20. Les affranchis ne jouissaient guères de plus de considération que les serfs , et n'étaient habiles à aucune fonction
Corpora militiœ tradnnt : nisi forte Dianœ Qaam Teneri servire , ferisque nivosa sequendis Per loca malaerint acri prœludere bello.
(1) Tagiti, g. 10. — (S) Ibid. G. 11 et 18. — (8) G. 25. ^ (4) Ibid. (5) MiTiBi, Anh. ad ann. 180S. — (6) Joiryilu , p. 48, ëdit. dn Loarre. (7) Alkihasb, Kampreehif p. 94. — Vav Looh. (daude Reg.
164 ANALYSE DE L*ORIGmE ET DES PROGRÈS
publique (0; Ton peut juger de l'amour des Germains pour la liberté , par le courage et le désespoir de leurs femmes , après la yictoire de Marius ; plutôt que de se soumettre à lesclayage romain , après ayoir suflbqué ou assommé leurs enfens , elles se tressèrent les cheveux en nœud et se pendirent à leurs chariots et aux arbres (^).
âl . Leur servitude , quant aux services , n'était que foncière et censuelle ; elle consistait en redevances colongères , de grains , de bétail ou d'habits et servus hactenus paret (^) ; si le maître avait le droit de les tuer impunément dans un premier transport de colère , non pas comme serfe , mais comme ennemis, tU inimicumy c'est que chacun pouvait impunément venger sa propre injure W.
ââ. En matière de contrats , ils ne connaissaient en général , que celui de V échange si l'on excepte ceux qui , par le Rhin et la Moselle , avaient quelques relations avec les Romains de la Gaule Cisalpine ; les nations intérieures ne connaissaient pas même l'argent monnoyé W.
Ils traitaient verbalement; mais ils assuraient leurs engagemens par des signes symboliques (N^ â5). Leur parole était inviolable; ils subissaient plutôt l'esclavage que de la fausser (^); de là la formule usitée en Belgique jusqu'au XYII® siècle, insérée dans les contrats pour garantie de leur inviolabilité , op myne mannelyke tDoerhej/dj nedeHandUche trawwe, marir' nen trawwe (parole d'honneur ; foi de Belge), qui valait plus que les contrats et quelque fois les sermens d'aujourd'hui C^).
(1) Taq», C. 2K. — (â) Floids, Lib. 3, C. 8. — (8) Taciti, C. 25. (4) Ibid. C. 21 et 25. — (5) Ibid. C. 5. — (6) C. 24. (7) Dis Rochis, ffiêtoire ancienne dei P. B, p. 214.
23. Ce n'est que yers le YI® siècle que Jes Francs ont commencé , suivant Âgathias ^ à connaître l'usage des contrats et à les rédiger par écrit.
â4. Entre les relations de trafic , que les Belges entretenaient avec lltalie , nous trouYons, que les Morins , qui , dans leurs Moeren (marais) élevaient des troupeaux d'oies , en feisaient un grand commerce à Rome , où ils conduisaient cette volaille à travers les Alpes; on les appelait Ganzœ, comme on les appelle en flamand ganzen; elles faisaient les délices des tables romaines , et leurs plumes s'y vendaient cinq deniers la livre pesant (0, ce qui revient à près de trois francs.
Les Morins et ceux des bords du Rbin faisaient aussi avec lltalie le commerce du porc et du bœuf salé , le petoêo Bel-gtGus (le jambon Belgique) y était très-recherché (2).
Ils trafiquaient aussi avec l'Angleterre ; car avant d'en tenter la conquête , Caesar consulta les marchands Belges , qui commerçaient avec ces îles ; leur commerce consistait en toiles à voiles , qu'ils tissaient et qu'ils fabriquaient ; de gros draps , appelés Birri, et que nous appelons encore des Btirres ; ils tissaient aussi des toiles de lin , connues chez les romains sous le nom de Uanœ, que nous appelons encore lynnen^ Unnen, lyntoaaden^^). On peut au i*este, consulter sur l'état du commerce et des arts des anciens Belges , l'intéressant mémoire de M. du Rondeau , dans les mémoires couronnés par l'Académie de Bruxelles.