Les espaves diffèrent des estagters
Une ordonnance du roi de France de 1378,. rapportée par Dom Carpentier (^), consistant dans un rapport des commissaires de la chambre des comptes porte : « que les albins sont <c hommes et femmes, qui sont nez es villes dehors le royaume, <( si prochaines que Fen peut cognoistre les noms et nativités a de tels hommes et femmes, et quant ils sont venus demeurer « au royaume, ils sont proprement appelés albins et non « espaves; car espaves sont hommes et femmes nez dehors le « royaume, de si Unngtairis lieux, que l'en fie peut ou <c royaume avoir cogiioissance de leurs nativités ; et quant « ils sont demeurans ou royaume se peuvent estre ddtx « espaves. >i
Cette distinction est peu connue du commun de nos écrivains, qui comprennent sous la dénomination d'estagiers jusqu'aux biens confisqués, comme le feit remarquer Du Cange(^); et en eflBet, le Tabularium sancti Vincentii CanuH manensis, cité par Du Gange, au mot albanus, confond les aubains avec les espaves et même avec les vagabonds. Il n'est pas nécessaire de dire , qu'il est pardonnable dans un religieux d'avoir confondu ces deux dénominations.
Mais que dire de ces gens sans aveu ? leurs biens , s'ils en délaissaient , échéaient-ils , sous le gouvernement des Francs , au propriétaire de la villa, et sous le régime féodal, au seigneur
(1) Dv Ca!I6I, vorbo Alhani. — D. CAEPiiiTiny Suppl. à Dd Gargb, ▼erbo Eaiagiarius.
(2) Gloii» Terbo Albani I. — (8) Verbo Eslrageriœ.
176 ANALYSE DE Ly)RIGINE ET DES PKOGEÈS
du lieu de leur décës? non , Charlemagne déclare et pose en principe, qu'ils ëchëaient au roi « quia res peregrinorum « proprioB tunt regùW. » C'étaient ces peregrim vagi, dont il parle dans divers capitulaires (2).
4^ Il n'y avait ouverture au droit d^aubatne et d'egpaves , qu'autant que le maître du serf ou le seigneur de l'homme libre ne le réclamât point; car non seulement ce droit de suite pouvait s'exercer, mais encore , il était défendu à qui que ce fut, de recevoir les tnancipia fugitiva et advenatiati^^ ce droit de suite est reconnu dans une infinité de chartes Belgiques , particulièrement dans la coutume des deuœ villes et pays d'AlostW.
Nous en avons dit assez préliminairement sur ces droits, dont je traiterai ci - après ; revenons aux revenus de la couronne.