PARTIE II, LETTRE VIIT. /|2f
t)ë tout ceci je crois pouvoir conclure avec certitude qu'en aucun cas possible la loi dans Genève n'accorde aux syndics ,ni à personne, le droit absolu d'emprisonner les particuliers sans astriction ni condition. Mais n'importe : le Conseil, en réponse aux représentations, établit ce droit sans réplique. Il n'en coûte que de vouloir, et le voilà en possession. Telle est la commodité du droit négatif.
Je me proposais de montrer dans cette lettre que le droit de représentation, intimement lié à la forme de votre constitution, n'était pas un droit illusoire et vain , mais qu'ayant été formellement établi par l'édit de 1707, et confirmé par celui de 1788, il devait nécessairement avoir un effet réel; que cet effet n'avait pas été stipulé dans l'acte de la médiation, parce qu'il ne l'était pas dans ledit; et qu'il ne l'avait pas été dans ledit, tant parce qu'il résultait alors par lui-même de la nature de votre constitution , cpie parce que le même édit en établissait la sûreté d'une autre manière; que ce droit, et son effet nécessaire, donnant seul de la consistance à tous lesai]tres, était l'unicpie et véritable équivalent de ceux qu'on avait ôtés à la bourgeoisie; que cet équivalent, suffisant pour établir un solide équilibre entre toutes les parties de l'état, montrait la sagesse du règlement qui, sans cela, serait l'ouvrage le plus inique qu'il fût possible d'imaginer ; cpi'enfin les difficultés qu'on élevait contre l'exercice de ce droit étaient des difficultés frivoles, qui n'existaient que dans la mauvaise vo-
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lonté de ceux qui les proposaient , et qui ne balançaient en aucune manière les dangers du droit négatif absolu. Voilà, monsieur, ce que j'ai voulu faire ; c'est à vous à voir si j'ai réussi.
Manière de raisonner de l'auteur des Lettres écrites de la campagne. Son vrai but dans cet écrit. Choix de ses exemples. Caractère de la bourgeoisie de Genève. Preuve par les faits. Conclusion.
J'ai cru, monsieur, qu'il valait mieux établir directement ce que j'avais à dire , que de m'attacher à de longues réfutations. Entreprendre un examen suivi des Lettres écrites de la campagne , serait s'embarquer dans une mer de sopliismes. Les saisir, les exposer, serait, selon moi, les réfuter; mais ils nagent dans un tel flux de doctrine , ils en sont si fort inondés , qu'on se noie en voulant les mettre à sec.
Toutefois, en achevant mon travail, je ne puis me dispenser de jeter un coup d'oeil sur celui de cet auteur. Sans analyser les subtilités politiques dont il vous leurre , je me contenterai d'en examiner les principes , et de vous montrer dans quelques exemples le vice de ses raisonnements.
Vous en avez vu ci-devant l'inconséquence par rapport à moi: par rapport à votre républic[ue, ils sont plus captieux quelquefois, et ne sont jamais plus solides. Le seul et véritable objet de ces lettres