PARTIE I, LETTRE 1. l8l
sur la première, et nullement sur certains faits, lesquels, ayant besoin d'être attestés, remettent la religion sous l'autorité des hommes.
Toute la différence qu'il y aura d'eux aux autres chrétiens', est que ceux-ci sont des gens qui disputent beaucoup sur l'Évangile sans se soucier de le pratiquer, au lieu que nos gens s'attacheront beaucoup à la pratique , et ne disputeront point.
Quand les chrétiens disputeurs viendront leur dire : Vous vous dites chrétiens sans l'être; car, pour être chrétiens , il faut croire en Jésus-Christ, et vous n'y croyez point ; les chrétiens paisibles leur répondront : « Nous ne savons pas bien si nous «croyons en Jésus -Christ dans votre idée, parce « que nous ne l'entendons pas ; mais nous tâchons a d'observer ce qu'il nous prescrit. Nous sommes « chrétiens , chacun à notre manière ; nous , en garce dant sa parole, et vous, en croyant en lui. Sa « charité veut que nous soyons tous frères : nous la «suivons en vous admettant pour tels"; pour l'a- « mour de lui ne nous ôtez pas un titre que nous « honorons de toutes nos forces , et qui nous est « aussi cher qu'à vous. »
Les chrétiens disputeurs insisteront sans doute. En vous renommant de Jésus, il faudrait nous dire à quel titre. Vous gardez, dites -vous, sa parole; mais quelle autorité lui donnez-vous? Reconnaissez-vous la révélation? ne la reconnaissez-vous pas? Admettez - vous l'Evangile en entier ? ne l'admettez-vous qu'en partie? Sur quoi fondez -vous ces distinctions? 'Plaisants chrétiens, qui marchandent
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avec le maître, qui choisissent dans sa doctrine ce qu'il leur plaît d'admettre et de rejeter!
A cela les autres diront paisiblement : « Mes « frères, nous ne marchandons point; car notre foi « n'est pas un commerce : vous supposez qu'il dé- « pend de nous d'admettre ou de rejeter comme « il nous plaît ; mais cela n'est pas , et notre raison « n'obéit point à notre volonté. Nous aurions beau ce vouloir que ce qui nous paraît faux nous parût « vrai, il nous paraîtrait faux malgré nous. Tout ce « qui dépend de nous est de parler selon notre « pensée ou contre nôtre pensée , et notre seul ce crime est de ne vouloir pas vous tromper.
«Nous reconnaissons l'autorité de Jésus -Christ « parce que notre intelligence acquiesce à ses préce ceptes et nous en découvre la sublimité. Elle nous ce dit qu'il convient aux hommes de suivre ces préce ceptes , mais qu'il était au - dessus d'eux de les ce trouver. Nous admettons la révélation comme ce émanée dÈ l'esprit de Dieu, sans en savoir la maee nière , et sans nous tourmenter pour la découvrir; a pourvu que nous sachions que Dieu a parlé, peu ce nous importe d'expliquer comment il s'y est pris ce pour se faire entendre. Ainsi , reconnaissant dans ce l'Évangile l'autorité divine , nous croyons Jésusce Christ revêtu de cette autorité; nous reconnaisce sons une vertu plus qu'humaine dans sa conduite, ce et une sagesse plus qu'humaine dans ses leçons. ce Yoilà ce qui est bien décidé pour nous. Comment ce cela s est-il fait? Voilà ce qui ne l'est pas; cela nous ce passe. Cela ne vous passe pas, vouS; à la bonne