‹ uvres complètes de J. J.RousseauChapitre 63 sur 150 · PARTIE I, LETTRÉ IV · texte numérisé non relu

PARTIE I, LETTRÉ IV

et des raisons qu'on donne de leurs différences. Comme c'est ici le point décisif par rapport à moi , je ne puis, sans négliger ma cause, vous épargner ces détails , peut-être ingrats en eux-mêmes , mais intéressants, à bien des égards, pour vous et pour vos concitoyens. C'est une autre discussion, qui ne peut être interrompue, et qui tiendra seule une longue lettre. Mais , monsieur , encore un peu de courage; ce sera la dernière de cette espèce dans laquelle je vous entretiendrai de moi.

Continuation du même sujet. Jurisprudence tirée des procédures faites en cas semblables. But de l'auteur en publiant la Profession de foi.

Après avoir établi , comme vous avez vu , la nécessité de sévir contre moi, l'auteur des Lettres prouve, comme vous allez voir, que la procédure faite contre Jean Morelli, quoique exactement conforme à l'ordonnance, et dans un cas semblable au mien , n'était point un exemple à suivre à mon égard; attendu, premièrement, que le Conseil, étant au-dessus de l'ordonnance, n'est point obligé de s'y conformer ; que d'ailleurs mon crime , étant plus grave que le délit de Morelli , devait être traité plus sévèrement, A ces, preuves l'auteur ajoute qu'il n'est pas vrai qu'on m'ait jugé sans m' entendre, puisqu'il suffisait d'entendre le livre même, et que la flétrissure du livre ne tombe en aucune

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façon sur l'auteur ; qu'enfin les ouvrages qu'on reproche au Conseil d'avoir tolérés sont innocents et tolérables en comparaison des miens.

Quant au premier article, vous aurez peut -être peine à croire qu'on ait osé mettre sans façon le petit Conseil au-dessus des lois. Je ne connais rien de plus sûr pour vous en convaincre que de vous transcrire le passage où ce principe est établi, et, de peur de changer le sens de ce passage en le tronquant, je le transcrirai tout entier.

( Page 4- ) « L'ordonnance a-t-elle voulu lier les « mains à la puissance civile , et l'obliger à ne ré- « primer aucun délit contre la religion qu'après « que le consitoire en aurait connu? Si cela était , il « en résulterait qu'on pourrait impunément écrire « contre la religion, que le gouvernement serait « dans l'impuissance de réprimer cette licence, et « de flétrir aucun livre de cette espèce; car si l'or- « donnance veut que le délinquant paraisse d'a- « bord au consistoire, l'ordonnance ne prescrit pas « moins que, s'Use range, on le supporte sans difufame. Ainsi, quel qu'ait été son délit contre la « religion , l'accusé , en faisant semblant de se ran- « ger, pourra toujours échapper; et celui qui au- « rait diffamé la religion par toute la terre, au (( moyen d'un repentir simulé, devrait être supporté « sans diffame. Ceux qui connaissent l'esprit de sé- '( vérité, pour ne rien dire de plus, qui régnait « lorsque l'ordonnance fut compilée, pourront-ils « croire que ce' soit là le sens de Farticle 88 de l'or- « donnance ?

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