ACTE II, SCÈNE V. i
A mon oreille encor les avoient épargnés > . liais iliaut des amants excuser Tinjustice. Et de quoi vouliez-vous que je vous avertisse? Avez-vous pu penser qu'au sang d'Agamenmon Achille préférât une fille sans nom, Qui de tout son destin ce qu elle a pu comprendre ^ C'est qu'elle sort d'un sang qu'il brûle de répandre^ 1
IPHIGÉNIE
Vous triomphez, cruelle, et bravez ma douleur. Je n'avois pas encor senti tout mon malheur :
' Les grammairiens s'accordent k condamner cet encor, mis -pour juêqu ici : tous conyiennent qa encore ne signifie jusqu'ici que lorsque la phrase est nëgaÛTe. Sans contester cette règle , il est fecile de justifier Raeine, puisque ce vers, sous l'apparence d'une phrase affirmative, cache une négation : en effet, épargner a ici une force négative ; les avoient encore épargnés à mon oreille signifie ne les avoient pas encore fait entendre a mon oreille. (G.)
* Cette phrase est très extraordinaire, et je ne sais si Ton trou- Teroit ailleurs une pareille constractioD. « Qat n'a rien pu com-
• prendre de son destin, si ce n'est que, etc. » Voilà la phrase régulière. Essaye! de construire celle de Racine, vous verrez que le fut ne se rapporte à rien , et n'amène aucun verbe à sa suite. Ce n'est là ni une licence ni un gallicisme : c'est tout simplement un barbarisme de phrase. 11 n'y a pas moyen d'admettre une con^ stmction où le nominatif ne gouverne rien. Pour cette fois , c'est oser trop, et d'autant qu'il n'en résulte aucune beauté. Otez le qui, et lisez : • Ce qu'elle a pu comprendre de tout son destin , c'est
• qu'elle sort d'un sang qu'Achille brûle de répandre. « Il n'y a pas un mot à dire : cela est clair eomroe le jour. Mais que fait là ce fiaPque devient-il ? Il reste tout seul. Encore une fois , cette construction n'est même d'aucune Jangse. 11 n'y en a point d'autre exemple dans Racine ; mais celui-là est bien singulier. Au reste , c'est la seule fois que Racine a osé trop, lui qui ose si souvent et si heureusement. (L.)
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Et vous ne comparez votre exil et ma g^ire,
Que pour mieux relever votre injuste victoire.
Toutefois vos transports sont trop précipités :
Ce même Agamemnon à qui vous insultes,
Il conmiande à la Grèce, û est mon père, il m'aime,
U ressent mes douleurs beaucoup plus que moi'^méme.
Mes larmes par avance avoient su le toucher;
J'ai surpris ses soupirs qu'il me vouloit cacher.
Hélas ! de son accueil condamnant la tristesse s
J osois me plaindre à lui de son peu de tendresse!