‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 105 sur 328 · SCENE VIII · texte numérisé non relu

SCENE VIII

ËRIPHILE, DORIS.

ÉBIPHILE.

Dieux, qui voyez ma honte, oh me dois-je cacher I^ Oirgueilleuse rivale, on t'aime; et tu murmures! Souffirirai-je à-Ia*fois ta gloire et tes«injures ' ? Ah! plutôt... Mais, Dons, ou j aime à me flatter, Ou sur eux quelque orage est tout près d éclater. J'ai des yeux. Leur bonheur n'est pas encor tranquiUe- On trompe Iphigénie; on se cache d'Achille; Agamemnon gémit. Ne désespérons point; Et, si le sort contre elle à ma haine se joint, Je saurai profiter de cette intelligence • Pour ne pas pleurer seule et mourir sans vengeance >.

' Racine a trouve moyen dVmployer très heureusement le mot injures dans le sens d* invectives , quoique dans cette acception injure en poésie ne soit pas noble. Cette expression , qui s'emploie très bien lorsqu'elle signifie injure faite ou reçue, devient basse et tri- TÎale lorsqu'elle signifie parole injurieuse. Il faut beaucoup d'art pour l'employer en ce sens. On en trouve encore un autre exemple dans la tragédie SAndromaqiœ. (L. B.)

* Le sens et la construction ezigeroient en prose que l'on rëpëtàt la négation. On ne peut pardonner cette licence à la poésie que parceque le sens est si clair qu'il n'y a pas lieu à se méprendre. lAais la licence est forte, et il ne faudroit pas l'imiter. Je ne sais \ si Racine l'a risquée deux fois. (L.)

FIN DU SECOND ACTE

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