SCENE V
CLYTEMNESTRE, ARCAS, ^GINE, cardes-
ARCAS
N'en doutez point, madame, un dieu combat pour vous.
Achille, en ce moment, exauce vos prières;
Il a brisé des Grecs les trop foibles barrières :
Aehille est à Tautel. Calchas est éperdu :
Le fatal sacrifice est encor suspendu ' .
On se menace, on court, lair gémit, le fer brille.
> Dans ce morceau de poésie, quelle variété de sentiments, quelle force d'expressions, que d'images, et que de figures! Cette répétition du mot monstre y ces apostrophes à Ériphile, à la mer, au soleil, au ciel, à elle-même, aux sacrificateurs; ces images d*an monstre sorti des enfers, de la mer ouvrant ses abîmes, du port qui vomit la flotte des Grecs, du soleil qui recule, d'Iphigénie qui, couronnée de festons , tend la gorge aux couteaux , du tonnerre qu'elle croit entendre : toutes les beautés de la poésie la plus grande sont rassemblées dans ces vingt vers , parcequ'ils contiennent une peinture des plus violents mouvements de la nature. (L. R.)
' Et Tévènement l'est aussi jusqu'à la dernière extrémité. Jamais on n'a porté plus loin ces alternatives de crainte et d'espérance qui soutiennent la machine du drame et l'attention dn specta* teur. (L.)