‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 170 sur 328 · SCÈNE I · texte numérisé non relu

SCÈNE I

CLYTEMNESTRe/iPHIGÊNIE, suite de clttemnestre et d^iphigehie, le cbccur.

le ghqedr.

Que la fortune âes grands a d'ëdat, et impose de respect! Voyez Iphiçénie, fille du roi des Grecs; voyez son illustrç mère, née du sang de Tynrdare: les honneurs et la majesté qui les environnent égalent la noblesse de leur origine. Les grands qui versent Fabondance an sein de rindigent sont .des dieux sur la terre. Filles de Cbalds, empressons^nous de recevoir la reine, qui se dérobe enfin à une foule importune '. Que notre visage lui té* moigne notre joie; tendons-lui la main, assurons ses pas au moment où elle va toucher la terre; que la jeune fille d*Agamemnon, arrivant pour la première fois sur ces bords, n^éprouve aucune frayeur en descendant de son char. Évitons de causer le moindre trouble, le plus léger embarras, aux princesses d'Argos, étrangères en Aulide.

CLYTEMNESTRE

Vos hommages et vos vœux sont pour nos cœurs le plus heureux augure. Un doux espoir me montre Timage d'un illustre époux , d'un glorieux hyménée. Mais ne perdons point de temps : chargez-vous des dons précieux destinés à ma fille, et portez-les avec précaution dans la tente de

' Masgrave traduit : Exeipiamus regmam curru de suo, parceqnil a lo dans le teite, e;t**v «re, et non pas o;^'^"^ hroy qu'on trouve dam (Tantres éditions. (G.)

IPHI&ÉNIE. 285

mon époux. Et toi, ma chère Iphigénie» avance hors du char ton pied|foihIe et timide. Jeunes fiUes, recevez-la dans vos bras; donnez-moi la main, aidèz-moi à descendre. Qu'on se tienne devant le char; qu'on prenne garde qu'aucun objet n'effraie l'œil ombrageux des chevaux, toujours prompts à s'effaroucher; et vous, prenez le fils d'Agamemnon, le petit Ores te. Cher enfant, tu dors : la fatigue du voyage a sans doute assoupi tes sens; éveilletoi pour voir le mariage de ta sœur. Rejeton de la pi us noble race y tu t'allies aujourd'hui à la famille d'un héros non moins illustre, issu comme toi du sang des dieux. Venez, Iphigénie, asseyez-vous ici à mes pieds, et qu'en vous voyant près de moi , ces étrangères me félicitent comme la pins heureuse des mères. Saluez votre père qui s'avance.

IPHIGÉNIE

O ma mère ! pardonnez au sentiment qui m'entratne; souffliez que je m'élance dans les bras d'un père.

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