SCÈNE III
AGAMEMNON, CLYTEMNESTRE, le chœur.
CLYTEMNESTRE
Je suis trop juste pour blâmer en vous un sentiment que j'éprouverai moi-même quand je remettrai ma fille dans les mains de son époux; la loi l'ordonne, la circonstance Texige. Daignez seulement m'instruire de la famille du gendre que vous avez choisi : je ne coonois encore que son nom.
Uios traductcars appellent le lavoir: terme très ignoble en fraoçoù, quoi- ^c k mot grec qa ik tradaiscnt soit aussi noble que l'est pour nous celui iauiel, (G.) — ' Voyez Racine, act. M, se. ii.
290 IPHIGÉNIE
AGAMEAINON. *
Asope eut MQÏne pour fille.
CLYT£MN£STR£.
Quel fut l'ëpoux d^^gine? Un dieu, ou un mortel?
AGAMEMNON
Ce fut Jupiter lui-même, et de cette union naquit iEaque, prince d'OEnone.
CLYTBMNESTRE.
Quel fut le fils et l'héritier d'iEaque?
AGAMEMNON
Pelée, qui avoit épousé la fille de Nérée.
CLTTEMNESTRE.
Étoit-ce malgré les dieux, ou de leur consentement?
AGAMKI^NON.
J upi ter Favoit pro mise à Pelée; son père,Nérée,la donna .
CLTTEMNESTRE.
OÙ cet hymen fut-il céléhré? Fut-ce au sein des flots ' ?
AGAMEMNON
Dans la célèbre vallée du mont Pélion, habitée par Chiron le centaure.
CLYTEMNESTRE
Où Ton dit que les Centaures ont établi leur demeure?
AGAMEMNON
Oui, c'est dans ce lieu-là même que les dieux célébrèrent les noces de Pelée et de Thétis.
CLYTEMNESTRE
Est-ce Pelée, est-ce Thétis, qui a pris soin de Féduca* tion d'Achille?
AGAMEMNON
C'est au centaure Chiron que l'on confia l'enfant , pour l'éloigner des mœurs d^s hommes corrompus.
' Noui voyons dans Virgile que la nymphe Cyrène , mère d'Arût<tc , tient sa cour au fond des eaux. I^a tradition des poètes est que les divi* nitës de la mer avoient des palais sons les flots. (G.)