‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 216 sur 328 · ACTE I, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE III

Je ne me soutiens plus ; ma force m'abandonne : Mes yeux sont éblouis du jour cpie je revoi ; Et mes genoux tremblants se dérobent sous moi. Hélas!

(Elles*assied»)

OENONE

Dieux tout-puissants, que nos'pleurs vous apaisent!

PHÈDRE

Que ces vains ornements , que ces voiles me pèsent « l Quelle importune main, en formant tous ces nœuds, A pris soin sur mon front d'assembler mes cbeveux? Tout m'afflige, et me nuit, et conspire à me ntiire.

OENONE

Comme on voit tous ses vœux Tun Tautre se détruire! Vous-même, condamnant vos injustes desseins , Tantôt à vous parer vous excitiez nos mains; Vous-même, rappelant votre force première. Vous vouliez vous montrer et revoir la lumière. Vous la voyez, madame; et, prête à vous cacber.

Mais qu'il s'en faut qu'il Tait soutenue, comme Racine, dans tout le cours de la pièce ! (L.)

' Des voiles qui pèsent! Quelle Térité d'idée dans cette espèce de contre-vëritë d'expression ! Cette singulière espèce de beauté n'est qu'indiquée dans le grec, qui dit seulement : Je souffre avec peine le voile qui couvre ma tête : mais Denys d'Halicamasse remarque une intention imitative dans le commencement du yers grec, comme il y en a une dans les dernières syllabes du vers François. Le vers grec commence par une sorte de pied composée dç deux brèves et d'une longue (l'anapeste), en sorte que le vers semble tomber à la troisième syllabe, comme la tète de Phèdre. .Voilà de ces finesses de diction et d'harmonie qui doivent souvent échapper aux modernes dans les éerits des anciens. (L.)

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