PHÈDRE
Vous haïssez le jour que vous veniez chercher!
PHÈDRE
Noble et brillant auteur d une triste famille. Toi, dont ma mère osoit se vanter d'être fille, Qui peut-être rougis du trouble où tu me vois, Soleil, je te viens voir pour la dernière fois!
CHSNONE.
Quoi ! vous ne perdrez point cette cruelle envie? Vous verrai- je toujours, renonçant à la vie, Faire de votre mort les funestes apprêts?
^ PHÈDRE
Dieux} que ne suis-je assise à Tombre des forêts ^ 1 Quand pourrai-je, au travers d'une noble poussière, Suivre de Tœil un char fuyant dans la carrière?
ŒNONE
Quoi, madame?
PHÈDRE
Insensée! où suis-je? et qu'ai-je dit?
' Nouvel exemple de cette préoccupation dont Racine a le premier su tirer des effets admirables. Tous les commentateurs ont dit que cette scène éioit imitée d*£uripide ; mais Euripide est lon{$, et Racine est précis. Imiter ainsi, c'est créer. Phèdre, dans le désordre de ses idées, ne répond point à QEnone, elle ne voit qu'Hippoly te ; elle s*occupe de ses amusements favoris, dont Théramène vient de parler ; et Ton sent que sur le char qui fuit dans la carrière , elle place secrètement l'objet qu elle aime ; c*est ainsi que, sans avoir a roug;ir de l'aveu qui lui échappe, eU« instruit OEnone de son secret. Cela peut bien être un effet de l'art inouï de l'auteur, mais c'est un art caché , ou plutôt c est l'expressM» même de la nature. En un mot, cette scène nous paroit si admirable, qu'un commentateur doit renoncer à toute espérancft d« pouvoir la louer dignement.
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