ACTE I, SCÈNE IV
PHÈDRE
Ciel!
PANOPE
Pour le choix d'un maître Athènes se partage : Au prince votre 61s Tun donne son sufFrage,* Madame; et de Tétat l'autre , oubliant les lois, Au fils de Tétrangère ose donner sa voix. On dit même qu'au trône une brigue insolente Veut placer Aricie et le sang de Pallante. J'ai cru de ce péril vous devoir avertir. Déjà même Hippolyte est tout prêt à partir; Et Ton craint, s'il paroit dans ce nouvel orage, Qu'il n'entraîne après lui tout un peuple volage.
OENONE
Panope, c'est assez : la reine qui t'entend Ve négligera point cet avis important.
employé par Racine. 11 falloit un incident qui chan{;càt Tëtat des choses, et rendit à la reine quelques motifs de vivre et d*espércr.- Celui-ci, ménage avec art, termine parfaitement le premier acte. ^ n ençage Phèdre à vivre , par le plus louable de tous les motifs, la tendresse maternelle. H lui donna une raison plausible pour voir Hippolyte; il donne au spectateuf, comme à Phèdre, un intervalle de soulagement et une lueur d'espcrance ; il amène la déclaration, et en fournit en même temps Vexcuse. Enfin, il prépare une révolution terrible^, lorsque Phèdre apprendra le retour de Thésée. Combien de choses dans un moyen qui paroit si simple ! que de bienséances théâtrales réunies dans un seul fait ! Telle est la science de rîntrigue: et, Ton ne sanroit trop le redire, elle n'a été approfondie que parles modernes. (L.)
Sjo PHÈDRE.