ACTE I, SCÈNE V
£t vous pouvez le voir sans vous rendre œupable. Peut-être, convaincu de votre aversion , Il va donner un chef à la sédition :
Détrompez son erreur, fléchissez son courage ■. Roi de ces bords heureux, Trézéne est son partage; Mais il sait que les lois donnent à voire fils Les superbes remparts que Minerve a bâtis. Vous avez Tun et Tautre une juste ennemie : Unissez-voas tous deux pour combattre Aricie.
PHÈDRE
Hé bien! à tes conseils je me laisse entraîner 3. Vivons , si vers la vie on peut me ramener, Et si Tamour d'un fils, en ce moment funeste, De mes foibles esprits peut ranimer le reste.
' On détrompe quelifunn , on le fait revenir de son erreur; mais on ne dit pas également détromper l'erreur de quelqu'un. (D'O.)
* Il importe de remarquer que tout l'artifice du plan, jusqu'à la moitié du troisième acte, c*est-à-dire jusqu'au retour de Thésée, tient à ce ressort si habilement imaginé du faux avis de la mort de ce prince, avis qui change. d*abord la face des choses en un sens à la fin du premier acte, et la change encore en un sens tout opposé au milieu du troisième. C est la supposition de la mort de Thésée qoi ouvre quelque espérance à Plièdre, et l'enhardit à risquer une déclaration , lorsque auparavant elle ne ^onloit que mourir. Cest ensuite l'apparition imprévue de Thésée, et Teffroi qu'elle conçoit des suites terribles de ce qu'elle vient de hasarder, qui la met hors d'elle-même, et qui sert à excuser le consentement qu'elle accorde, comme malgré elle, à Taccusation d'Œnone. Que d'effets dans un moyen qui parott si simple! Ce sont là les ressorts qui appartiennent aux maîtres de l'art, comme la multiplicité des incidents aux artistes méAiocres. (L.)
FIN DU PREMIER ACTE