ACTE II, SCÈNE I
Mais j'ai vu près de vous ce superbe Hippoly te ; Et méme« en le voyant , le bruit de sa fierté A redoublé pour lui ma curiosité.
Sa présence à ce bruit n'a point paru répondre V : Dès vos premiers regards je Fai vu se confondre; Ses yeux, qui vainement vouloient vous éviter, Déjà pleins de langueur, ne pouvoient vous quitter. Le nom d'amant peut-être offense son courage; Mais il en a les yeux, s'il n'en a le langage >.
ARICIE
Que mon cœur, chère Isméne , écoute avidement • Un discours qui peut-être a peu de fondement ! O toi qui me connois, te sembloit-il croyable Que le triste jouet d'un sort impitoyable, Un cœur toujours noifrri d'amertume et de pleurs , Dût connottre l'amour et ses folles douleurs? Reste du sang d'un roi noble fils de la terre, Je suis seule échappée aux fureurs de la guerre :
* Une présence ^ut répond au bruit: cela n'est pas assez x\^ttement exprimé. Isméne veut dire qae l'extérieur et la contenance d'Hippolyte démentoient sa renommée. (G.)
> An premier examen, ces quatre vers, où la confidente se plaît à peindre la langueur des yeux d'Hippolyte, semblent mal s'accorder avec la rudesse et les mœurs sauvages du fils de Thésée. Un commentateur en a même fait la remarque. Mais comment n'a-t-il pas vu qu'Hippolyte est déjà amoureux lorsque la confidente le peint ainsi? Cette passion, qui peut échapper aux hommes les plus exercés, n'échappe jamais aux regards d'une femme. Voilà ce que le coeur de Racine lui avoit appris, lorsqu'il mettoit ce langage dans la bouche d'Isméne. Il faut, avant d'accuser ce poëte, approfondir ses pensées; et le plus souvent on découvrira une beauté où l'on avoit cru trouver une faute.
376 PHÈDRE
J'ai perdu , dans la (leur de leur jeune saison, Six frères... Quel espoir d'une illustre maison > ! Le fer moissonna tout^ et la terre humectée But à regret le sang des neveux d'Érechthée '. Tu sais, depuis leur mort, quelle sévère loi Défend à tous les Grecs de soupirer pour moi : On craint que de la sœur les Hammes téméraires ISe raniment un jour la cendre de ses frères. Mais tu sais bien aussi de quel œil dédaigneux Je regardois ce soin d'un vainqueur soupçonneux : Tu sais que, de tout temps à Tamour opposée, Je rendois souvent grâce à l'injuste Thésée, Dont l'heureuse rigueur secondoit mes mépris. Mes yeux alors, mes yeux n'avoient pas vu son fils. Non que, par les yeux seuls lâchement enchantée, J'aime en lui sa beauté, sa grâce tant vantée, Présents dont la nature a voulu l'honorer, Qu'il méprise lui-même, et qu'il semble ignorer: J'aime, je prise en lui de plus nobles richesses, Le^ vertus de son père, et non point les foiblesses; J'aime, je Ta voue rai, cet orgueil généreux Qui jamais n'a fléchi sous le joug amoureux.
* Plmarcpe en cotnpie jusquà dnquafitc. (Fie rfe Tfiétée^) ' L'expr#asiou lu ifrre but h ^txng est prise d*Eschyle, d^ujs 'f^ Sept ctivfs devant ThèheSf ad. IV, se. i- Aaeme ajoute que h itm
But âi re^FCT le ung--^^-. d'ErcchLWc,
C^Kt qiie ce roi étoit Bh àe fa Eerre. (L. B.) On a remarqua nvec jû si esse que, 1<i terre étant |ierçotinifi^p par l'action de bitif** f^ rc^irt f une épithète applicable aux pei jOQn«s eût été prdfdriil^l^ à crelle d'^um^ti^.
;Jin£iWLj