‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 229 sur 328 · HIPPOLYTE, ARICIE, ISMÈNE · texte numérisé non relu

HIPPOLYTE, ARICIE, ISMÈNE

HIPPOLYTE

Madame, avant que de partir, J'ai cru de votre sort vous devoir avertir. Mon père ne vit plus. Ma juste défiance Présageoit les raisons de sa trop longue absence : La mort seule, bornant ses travaux éclatants, Pouvoit à Tunivers le cacher si long-temps. Les dieux livrent enfin à la parque homicide L ami, le compagnon, le successeur d'Alcide. Je crois que votre haine , épargnant ses vertus, • Écoute sans regret ces noms qui lui sont dus. Un espoir adoucit ma tristesse mortelle : Je puis vous affranchir d'une austère tutelle; Je révoque des lois dont j'ai plaint la rigueur*. Vous pouvez disposer de vous, de votre cœur; Et, dans cette Trézén'e, aujourd'hui mon partage. De mon aïeul Pitthée autrefois l'héritage, Qui m'a, sans balancer, reconnu pour son roi', Je vous laisse aussi libre, et plus libre que moi.

ARICIE

Modérez des bontés dont l'excès m'embarrasse.

' Avant Hacine, on auroit dit : dont la rigueur a été caute que je vous ai plaint. Ces tours, si remarquables par leur TÎTacitë, ont été introduits par ce poète dans notre langae.

' Var. Qui m'a sans hésiter reconnu pour son roi.

Page 1