PHÈDRE, HIPPOLYTE, ŒNONE
PHÉDAE, à Œnone, dans le fond du théâtre. Le voici : vers mon cœur tout mon sang se retire *. J'oublie, en le voyant, ce que je viens lui dire.
' Les anciens Grecs n'auroient point souffert une pareille scène, si belle pour 3es François. Les Romains , beaucoup moins délicats, ne furent point blessés de la déclaration d*amoar d'une bellemère à son beau-fils. Cest un de leurs auteurs qui en a conçu ridée ; Racine n*a fait qu'imiter et embellir Sénèque. Les François regardent cette même scène comme une des plus théâtrales de la tragédie de Phèdre; et il faut bien que, sur cet article si important pour les mœurs , il y ait en France des idées diamétralement opposées à celles des Grecs, puisque le chef d'une secte de rigoriites, le grave et sévère Arnauld , fut très content de l'amour criminel de Phèdre, et de la manière dont elle l'exprime. Il ne blâma que l'amour innocent et vertueux d'Hippolyte : décision très bonne pour un littérateur, mais fort étrange pour un janséniste et potir un docteur en théologie. (G.)