SCENE IL
PHÈDRE
O toi, qui vois la honte où je suis descendue, Implacable Vénus, suis-je assez confondue! Tu ne saurois plus loin pousser ta cruauté. Ton triomphe est parfait; tous tes traits ont porté. Cruelle, si tu veux une gloire nouvelle, Attaque un ennemi qui te soit plus rebelle. Hippolyte te fiiit; et, bravant ton courrouXj Jamais à tes autels n a fléchi les genoux^ Ton nom semble ofFenser ses superbes oreilles : Déesse, venge-toi; nos causes sont pareilles*. Qu'il aime... Mais déjà tu reviens sur tes pas, Œnone! On me déteste; on ne t écoute pas?
' Corneille avoit dit, dans Mt^Ëf^f:
Dieax
Et m'aides k venger cette commune injure h
Ce vers, dit Voltaire, n'appartient qu'à Corneilte* Racine Ta imité dans Phèdre: mais dan^ ConietlJc il n'est <]u^une beauté <fe poésie; dans Racine, il est une beauté de sentiment.