‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 254 sur 328 · THÉSÉE, HIPPOLYTE · texte numérisé non relu

THÉSÉE, HIPPOLYTE

THÉSÉE

Ah! le voici. Grands dieux! à ce noble maintien Quel oeil ne seroit pas trompé comme le mien? Faut-il que sur le front d'un profane adultère ■ Brille de la vertu le sacré caractère ! Et ne devroit-on pas à des signes certains Reconnoitre le cœur des perfides humains !

HIPPOLYTE

Puis-je vous demander quel funeste nuage, Seigneur, a pu troubler votre auguste visage? N'osez-vous confier ce secret à ma foi?

THÉSÉE

Perfide! oses-tu bien te montver devant moi? Monstre, qu'a trop long-temps épargné le tonnerre, Reste impur des brigands dont j'ai purgé la terre. Après que le transport d'un amour plein d'horreur Jusqu'au lit de ton père a porté ta fureur, Tu m'oses présenter une tête ennemie!

' La pensée est d'Euripide, aiosi que toute la scène; mais dans €6 début rimitateur l'emporte sur Toriginal. Euripide a gâté sa pensée en la délayant trop, en l'exposant mal. Racine Fa embellie et perfectionnée par la grâce et Télégance du tour. (Voyez VHippolyU d'Euripide, acte IV, se. y.) (G.)

4i6 PHÈDRE.

Tu parois dans des lieux pleins de ton infamie! Et ne vas pas chercher, sous un ciel inconnu. Des pays où mon nom ne soit point parvenu! Fuis, traître. Ne viens point braver ici ma haine, Et tenter un courroux que je retiens à peine : G est bien assez pour moi de Topprobre éternel D'avoir pu mettre au jour un fils si criminel, Sans que ta mort encor, honteuse à ma mémoire, De mes nobles travaux vienne souiller la gloire. Fuis : et, si tu^e veux qu'un châtiment soudain T ajoute aux scélérats qu'a punis cette main. Prends garde que jamais Tastre qui nous éclaire Ne te voie en ces Ueux mettre un pied téméraire . * Fuis, dis-je; et, sans retour précipitant tes pas. De ton horrible aspect pui^e tous mes états. Et toi, Neptune, et toi, si jadis mon courage D'infâmes assassins nettoya ton rivage.

Souviens-toi que , pour prix de mes efforts heureux, Tu promis d'exaucerle premier de mes vœux. Dans les longues rigueurs d'une prison cruelle Je n ai^point imploré ta puissance immortelle > ;

' Thésée dit dans Sënêque :

« . . . . GeDitorvquoreus dédit, « Ut vota prono trina concipiam deo , m Et iavocatâ munas hoc sanxit Styge.

« En perage donam triste , regnator freti. • Non cernât nltrà lucidum Hippolytnt diem , « Fer abominandam nunc opem nato parent. « Nunqnàm sapremum naminis monns tni « Contumeremn< , magna ni premcrent malt. « Inter profanda Tartara^ et ditem hotridnm, « Et imminentes régis inférai minas.

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