ACTE IV, SCÈNE VI
Que fais-je? Où ma raison se va-t-elle égarer? Moi jalouse! et Thésée est celui que j*implore! Mon époux est vivant , et moi je brûle encore ! Pour qui? Quel est le cœur oti prétendent mes vœux? Chaque mot sur mon front fait dresser mes cheveux. Mes crimes désormais ont comblé la mesure : Je respire à-la-fbis Tinceste et Fimposture; Mes homicides mains, promptes à me venger, Dans le sang innocent brûlent de se plonger. Misérable! et je vis ! et je soutiens la vue De ce sacré soleil dont je suis descendue ! J^ai pour aïeul le père et le maître des dieux; Le ciel, tout Tunivers est plein de mes aïeux : Où me cacher? Fuyons dans la nuit infernale. Mais que dis-je? mon père y tient Turne fatale ■ ; Le sort» dit-on, Fa mise en ses sévères mains : Minos juge aux enfers toua les pâles humains. Ah! cond)ien frémira son ombre épouvantée, Lorsqu'il verra sa fille à ses yeux présentée, Contrainte d'avouer tant de forfaits divers, Et des crimes peut-être inconnus aux enfers !
s On a cra trouver dans les vers suivants , que Sënèque met flaiM la bouche de Thésée ( Hippoijrt. , acL V, se. n)y le germe des
vers de Racine :
« Dùm fabum oefai
« ExMqaor vindez sevems , incidi in vemm scelns.
« Sidéra et mAoei et nndas scelere complevi meo ;
• AmpUb» sors mdb restât: régna me norunt tria. »
« Vengeur trop rigoureux, j'ai commis un crime véritable pour
punir un crime imaginaire. Le ciel, la mer, les enfers, en ont été
témoins. Bfa destinée est remplie. Les trois royaumes me conno^S'
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