‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 265 sur 328 · ACTE IV, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE VI

Est-ce donc un prodige inouï parmi nous? L^amoui^n a-t-il encor triomphé que de vous? La foiblesse aux humains n est que trop naturelle : Mortelle, subissez le sort d'une mortelle. Vous vous plaignez d'un joug imposé dès long*temps : Les dieux mêmes, les dieux de FOlympe habitants. Qui d'un bruit si terrible épouvantent les crimea. Ont brûlé quelquefois de feux illégitimes.

PHÈDRE

Qa'entend&-je! Ç^eh conseils ose-t-on me donner! Ainsi donc jusqu'au bout tu veux m'empoisonner. Malheureuse! voilà comme tu m'as perdue; Au jour que je fîiyois c'est toi qui m'as rendue. Tes prières m'ont £aiit oubUer mon devoir; J^évitois Hippolyte; et tu me l'as fait voir.

Taroir déclamé à la suite d'une conversation sur Racine, que Voltaire me disoit , en laissant tomber sa tête sur sa poitrine : « Mon ■ ami, je ne suis qu'un polisson en comparaison de cet homme- • U ; » et ce n'est pas la seule fois qu'il me l'a dit. J*ai observé ailleurs comment il falloit entendre ce mot , qui m'a paru si remarquable, que j'ai cru devoir le conserver en vers et en prose. (L.) Remarques que Racine, ayant à peindre le dernier égarement de la passion, n'y mêle aucun de ces traits qui sentent la folie physique. Les idées de Phèdre ne sont point interrompues par ce désordre factice, qui n'est qu'un charlatanisme du poëte; les phrases ne sont point coupées par des points, par une foule de réticences affectées : tous ces prestiges de l'école moderne, si favorables à la médiocrité , mais que le véritable talent dédaigne , n'étoient pas à la mode du temps de Racine. U y a de la suite et de la liaison dans les discours de Phèdre, quoiqu'elle soit égarée par la passion, parceque toute passion a sa logique, sa manière de raisonner, qQ*elle suit constamment : le poète qui s'écarte de cette marche fgncnre son art et le cœur humain. (G.)

43o PHÈDRE.

De quoi te chargeotô-tu? Pourquoi ta bouche impie

A-t-elle y en 1 accusant , osé noircir sa vie ?

Il en mourra peut-être, et d'un père insensé

Le sacrilège vœu peut-être est exaucé.

Je ne t'écoute plus. Va-t en, monstre exécrable;

Va, laisse-moi le soin de mon sort déploraUe.

Puisse le juste ciel dignement te payer I

Et puisse ton supplice à jamais efifrayer

Tous ceux qui, comme toi, par de lâches adresses,

Des princes malheureux nourrissent les foiblesses^

Les poussent au penchas^ où leur cœur est endin ,

Et leur osent du crime aplanir le chemin!

Détestables flatteors, présent le plus funeste

Que puisse fîdre ans rois la colère céleste !

OENONE, seuk.

Ah, dieux! pour la servir j^ai tout fait, tout quitté; Et j'en reçois ce prix ! Je Fai bien mérité > .

' LoQÛ Racine now apprend qn'il a d^onyert que ce dernier mot est emprunté de Corhuion, Gorbolon soit : j'anrois cru qae bien d'antres ponvoient l'aToir dit sans Vemprunter à personne. (L.)

FI.N DU QUATRIÈME ACTE

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