‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 278 sur 328 · ACTE V, SCÈNE VI · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VI

Elle veut quelque temps douter de 900 malheur ; Et y ne connoissant plus ce héros qu'elle adore , Elle voit Hippolyte, et le demande encore. Mais , trop sûre i la fin qu'il est devant ses yeux , Par un triste regard elle accuse les dieux; Et froide, gémissante, et presque inanimée, Aux pieds de son amant elle tombe pâmée. Isméne est auprès d'elle; Isméne, tout en pleurs , La rappelle à la vie, ou plutôt aux douleurs. Et moi, je suis venu, détestant la lumière, Vous dire d'un héros la volonté dernière^

« Eihabri animam ; nullasqae in corpore partes

« Notcere quM postes : unumqoe ent oomia ▼ttlnm. •

• Déjà je parconrois le rivage de la mer de Goriothe; toat-à-coup les flots s^inritent, Fonde se soulève, les Ta(;aes amoncelées présentent Faspect d'une énorme montagne, dont il sort d'horribles mugissements. Elle s'ouvre, et de ses flancs brisés s*élance un taureau armé de cornes menaçantes. Sa tête dominé sur les flots. L'onde jaillit par torrents de ses naseaux et de sa laiige gueule. Soudain la terreur s'empare de mes compagnons ; seul je suis sans crainte; puis-je sentir d'autres maux que ceux de mon exil! Cependant mes chevaux tournent la tête vers le rivage, leurs oreilles se dressent; saisis d'horreur, ils /emportent, e€ l'épouvante les précipite à travers les rochers. Vainement je veux les retenir, vainement je me penche en arrière, et tire d'tme main ferme le frein qu'ils blanchissent d'écume. Mon bras eût cependant dompté leur furie ; mais le diar rapide se brise contre le trpnc d'un vieux chêne. H vole en éclats. Je tombe^mbaixassé dans les rênes, mes nerfs sont déchirés ; mes entrailles arrachées s'attachent aux buissons. Je traîne avec moi une partie de mes membres brisés, le reste m'abandonne; mes os font entendre d'horribles craquements, et mon corps défiguré n'est plus qu'une seule plaie , d'où mon ame fatiguée s'exhale douloureusement. » {Metam. lib. XV, v. 5o6, etc.) 3. 39

45o PHÈDRE.

Et m acquitter, seigneur, du malheureux emploi Dont son cœur expirant s'est reposé sur moi: Mais j aperçois venir sa mortelle ennemie*

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