‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 282 sur 328 · ACTE V, SCÈNE VII · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE VII

Expier la fioreur d'un vœu que je déteste : Rendons-lui les honneurs qu'il a trop mérités ; Et, pour mieux apaiser ses mânes irrités, Que, malgré les complots d'une injuste fisunille, Son amante aujourd'hui me tienne lieu de fille ■ !

' Ce clM-nter vers accomplit le dernier voeu d*Hippolyte mourant. 11 renfermé un sentiment bien naturel , le Beul qni puisse adondr le désespoir de Thésée. Nons avons déjà dit que Racine s*est appliqué à dessiner et colorier sa Phèdre de manière qu'elle fût toujours digne de compassion, et susceptible d'excuse. Bernai^ quex que tonte sa fable est composée dans ce dessein. Si Phèdre renonce à la résolution de mourir « qui est son premier sentiment, c'est que la mort de son époux qu'on lui annonce, et l'intérêt de son fils orphelin qu'on lui remet sous les yeux, diminuent d'un o6té l'horreur qu'elle a pour elle-même, et de l'autre lui fournissent un motif, au moins plausible, de voir Hippolyte. Si elle consent à laisser agir OEnone , dont elle a d'abord rejeté les projets avec indignation, c'est que le poète l'a mise dans une situation si critique et si terrible, au retour imprévu de Thésée, qu'il est très concevable que sa tête n'y résiste pas. Cependant quelques moments après le remords l'emporte encore : elle arrive pour sauver Uippolfte, elle est même toute prête à s'accuser; mais c'est là qu'elle reçoit le dernier coup. Elle apprend que Vimensible Uip' pofyte aime Aricie : ce coup d^ foudre (et c'en est bien un ) la renverse de nouveau ; elle tombe dans les convulsions de la rage et du désespoir; mais ce n'est pas le désespoir de la Phèdre 'd'Euripide, qui fait de sa propre mort un affreux moyen d'assurer celle de l'innocent ; qui trace la calomnie de la même main dont elle attente à ses jours. La Phèdre de Racine ne sort de son accablement que pour venir déclarer son crime forcé, et sa punition volontaire , au moment où il n'y a plus personne au monde qui puisse servir de témoin contre elle, hors elle-mêmp. Ajoutez à cette conduite le langage qu'elle ti%nt toujours, celui d'une femme bourrelée par une passion qu'eOe déteste , et qui se fait plus de reproches qu'on ne pourroit lui en faire , qui se condamne tou- .

FI? DE FHED&E.

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