SCÈNE III
N'imitons pas ces jeunes insensés : soyons plus prudents; offrons à la déesse les humbles offrandes d'un es-, clave , des prières et des vœux. (// se tourne vers la statue de Vénus.) «O reine de Chypre, pardonnez à un jeune u homme ardent et fougueux des discours téméraires; feiu gnez de ne pas les entendre : les dieux, si supérieurs aux a mortels par la sagesse, doivent être indulgents pour les « foiblesses humaines '. » ^ ^
(Pendant ce monologue de Tesdave , le chœur entre sur b scène.y
■ La division des actes de cette pièce est parement arbitraire. Celle f{ne le P. Brumoy a imaginée ne paroît pas naturelle : il est plus convenaltle de terminer ici le premier acte. (6.)
FIN DU PREMIER ACTE
INTERMÈDE DU PREMIER ACTE
LE C H OE UR , composé de femmes de Trézène.
STROPHE I
Du sein^^une grotte jaillît une fontaine où se plongent les urnes; une de mes compagnes étoit occupée à laver dans ses eaux des étoffes de pourpre, qu'elle exposoit ensuite aux rayons du soleil sur la cime du rocher : c'est d'elle que j'ai appris la première nouvelle de la maladie de la reine notre maîtresse.
ANTISTROPHE I
Hélas! Phèdre; accablée d'une langueur secrète, gémit au fond de son palais, étendue sur son lit, le visage couvert d'un voile. Trois jours se sont écoulés, dit-on, depuis que sa bouche n'a goûté les dons de Cérès, et que son corps se consume sans nourriture. Obstinée à cacher sa douleur, elle marche lentement vers le terme de sa vie.
STROPHE II
O reine infortunée! le courroux de quelque divinité te poursuit! Est-ce Pan, dieu' des forêts, est-ce Hécate, déesse de la nuit, qui cause tes tourments? Sont-ce les redoutables Corybantes qui t'agitent, ou Gybéle furieuse, errant sur les montagnes? Peut-être éprouves-tu la vengeance de Diane, qui te punit d'avoir négligé d'honorer son autel par des offrandes et des sacrifices; car son em«pire s'étend sur la terre e{ sur les mers '.
■ Le texte aj»ate : tur Us marqis. (G.)
ANTISTROPHB II.
Oserois-je penser qu'infidèle au roi d'Athènes , au héros qui a reçu tes serments, tu nourris dans ton cœur un« flamme adultère >? Un Cretois abordant sur ce rivage fauroit-il apporté quelq&e triste nouvelle? Serois-tu la proie d'un chagrin dévorant?
BP^DE.
Hélas! les inégalités du caractère des femmes, les douleurs de l'enfanteinent, ne répandent que trop d'amertume sur l'existence de ce sexe délicat et foiblelJ'ai moimême senti l'atteinte du trait douloureux de Lucine; ibais j'ai toujours invoqué la divfnité qui soutient les femmes dans ce cruel moment : toujours elle est venue à mon *aide avec les autres déesses.
■ Le teitc dit Uttéralement : « Y a^uil queliju'an dans le palais , «{ai , •• partageant secrètement ton lit, offense ton illostre ëpooz, chef des « Athéniens? » J'ai suivi les scholies. Le P. Rrumoi et d'antres pensent quil s açit d'une infidétttë de Thésée à-rëgard de Phèdre. ( 6.)
FtN DE l'intermède DU PREMIER ACTE.