SCÈNE V
THÉSÉE, HIPPOLYTE, les compagnons d'hippoltr,
LE CHOEUR
HIPPOLTTE.
O mon père! j'accours à vos cris. «Tignore le sujet de ▼otre colère ; daignenez-vous m'en instruire? Mais, 6 del ! quel spectacle effrayant! votre ëpouse morte! Il n'y a qu'un moment qu'elle jouissoit encore de la lumière du jour. O coup étonnant du sort! jComment a-t-elle subitemeiA perdu la vie ? Dites-moi quel est le malheur qui vous la ravit? Vous vous taisez. Hélas! le silence ne convient point au malheureux. Le cœur, avide de tout en* tendre, est sur-tout curieux des malheurs d'autrui^ O mon père! ne dérobez pas la connoissance de vos malheurs à vos amis, à ceux qu'unit à vous lin sentiment plus fort et plus sacré que l'amitié même !
THÉSÉE
Honunes, jouets de l'ignorance et de l'erreur, vous avez inventé bien des arts, mais il en est un que vous n'avez point encore découvert, celui d'apprendre la sagesse h l'homme dépourvu de sens.
HIPPOLTTE.
Il faudroit être un maître bien habile pour apprendre à un fou à être sage. Mais le moment n'est pas favorable à ces subtilités. Je crains que votre raison ne succombe à l'excès de vos douleurs.
' Voyes Racine, act. IV, se. n.
* Le texte , fidèlement traduit, n'en est pat pins cbir. Enripide a irouln dire tans doute que le malheureux te soulage en parlant de set maux , et que celui qui l'ëconte satisSût cette curiotité nataraUe que l'on a pour les maux d'antrui. (G.)