‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 317 sur 328 · THÉSÉE, UN ESCLAVE, LE CHOEUR · texte numérisé non relu

THÉSÉE, UN ESCLAVE, LE CHOEUR

l'esclave.

O roi ! j'apporte une nouvelle douloureuse pour vous , pour le peuple, pour les citoyens d'Athènes, et pour les habitants de Trézène !

THÉSÉE

Qu'entends-je? Quelque nouveau malheur est-il tombé sur ces deux villes voisines?

532 HIPPOLYTE

l'esclave.

Uippolyle n'est plus! Hippolyte est mort! Il voit encore la lumière , mais ses yeux vont se fermer pour jamais.

THESEE.

Conunent est-il mort? L'iufame auroit-il succombé sous les coups d'un époux furieux , dont il aura outragé la femme comme il a outragé celle de son père?

Non: c'est son char qui l'a mis en pièces; ce sont les imprécations sorties de votre bouche, c'est votre père, le dieu des mers, à qui vous avez demandé vengeance de votre fils.

THÉSÉE

O dieux! 6 Neptune! avec quel transport je tereconnois en ce moment pour mon véritable père! Tu as entendu mes plaintes, tu m'as vengé. Mais je veux entendre le récit de son supplice: {à Hesclave,) dis-moi comment la redoutable main de Némésis a écrasé le monstre qui m'avoit déshonoré.

l'esclave».

Nous étions sur le rivage que baignent les flots de la mer, occupés du soin qu'exigent les coursiers de votre ^Is, et nous pleurions pendant notre ouvrage: car on venoit de nous apprendre qu'Hippolyte alloit quitter Trézène , et que vous aviez prononcé l'exil de ce malheureux prince. Il arrive lui-même sur le rivage , et renouvelle nos larmes en nous confirmant cette triste nouvelle. Il étoit suivi d'une foule déjeunes gens de son âge, que l'amitié conduisoit sur ses pas. Enfin, étouffant ses sanglots : a C'est trop gémir en vain, dit^l^ obéissons à mon u père. Esclaves , attelez les chevaux à mon char. Cette u ville n'est plus ma patrie, n Nous nous hâtons d'exécu-

' Voyez le récit de Théramcoe , Racine , act. V, se. vi.

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