ACTE III, SCÈNE I
Il te fâche en ces lieux d'abandonner ta prpie ' ; Monime te retient; ton amour crinuinel Prétendoit l'arracher à Thymen paternel.
Ni 1 ardeur dont tu sais que je lai recherchée, Ni déjà sur son front ma couronne attachée, Ni cet asile même où je la fais garder, Ni mon juste courroux, n ont pu t 'intimider. Traître! pour les Romains tes lâches complaisances N etoient pas à mes yeux d'assez noires offenses : Il te manquoit encor ces perfides amours Pour être le supplice et l'horreur de mes jours. Loin de t'en repentir, je vois sur ton visage Que ta confusion ne part que de ta rage : Il te tarde déjà qu'échappé de mes mains Tu ne coures me perdre, et me vendre aux Romains. Mais , avant que partir, je me ferai justice ? : Je te l'ai dit. Holà , gardes ^ !
' Ceue expression, il me fâche ^ n*a point vieilli, comme l'avancent quelques commentateurs. U semble seulement, d'après les exemples citésipar le dictionnaire de Tacadëmie, quelle ait passé dans le style familier ; mais il ne faut point oublier que c'est Miduidate qui parle; et ces mots, t7 te fâche y ont quelque chose de brusque et de dur que les paroles de Mithridate doivent avoir, et que tonte autre expression ne pourroit qu*affoiblir. Pour le prouver, il suffit de corriger le vers comme La Harpe le propose :
n t'en coàtc aiqoanl'hiii d'abandonner ta proie. On sent assez tout ce que la substitution d*un mot 6te à la poésie, de Racine : ce n*est plus Mithridate qui parle.
* Avant que ne se met plus devant un infinitif: on dit avant de ou avant que de. (L. B.)
' Dans la première édition, ces deux derniers mots faisoient partie de la scène suivante.