SCENE IL
MONIME, XIPHARÈS, PHOEDIME.
MONIME
Seigneur, je parlois de vous-même.
Mon ame souhaitoit de vous voir en ce lieu, Pour vous?..
XIPHARÈS
C^est maintenant qu'il faut vous dire adieu. 3. 6
MONIME
Adieu! vous?
XIPHARÈS
Oui, madame, et pour toute ma vie.
MONIME
Qu enteuds-je? On me disoit.. Hélasl ils m'ont trahie '
XIPHABÈS.
Madame, je ne sais quel ennemi couvert, Révélant nos secrets , vous trahit, et me perd. Mais le roi, qui tantôt n en croyoit point Phamace, Maintenant dans nos cœurs sait tout ce qui se passe. Il feint, il me caresse, et cache son dessein; Mais moi, qui, dès lenfance élevé dans son sein, De tous ses mouvements ai trop d'intelligence, J'ai lu dans ses regards sa prochain^ vengeance >. Il presse, il fait partir tous ceux dont mon malheur Pourroit à la révolte exciter la douleur. De ses fausses bontés j'ai connu la contrainte. Un mot même d' Arbate a confin^^é ma crainte : Il a su m'aborder; et, les larmes aux yeux, a On sait tout, m'a-t-il dit, sauvez- vous de ces lieux. » Ce mot m'a fait frémir du péril de ma reine 3;
' Quelle peinture de la passion! Tous mots entrecoupés; et, par un reste de respect, elle ne nomme point encore le traître. Elle dit au pluriel, ils tnont trahie! (L. R.)
' Toute cette scène redouble le péril et la crainte, et fait succéder la terreur au moment d'espérance qu avoit eu Monime. La cruautë dissimulée et caressante de Mithridate est tr^bien peinte, et la pièce marche. ( L. )
' Nous ayons déjà observé ailleurs combien ces expressions de ma reine, de ma princesse, sont peu dignes de la tragédie; mais