‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 5 sur 328 · ACTE I, SCÈNE I. i · texte numérisé non relu

ACTE I, SCÈNE I. i

Qu aux offices des Romains ma mère ouvrit les yeux : On pour venger sa foi par cet hymen trompée, On ménageant pour moi la faveur de Pompée , Elle trahit mon père, et rendit aux RiHnains La place et les trésors confiés en ses mains. Quel devins-je au rédt du crime de ma*mère! Je ne regardai plus moti rival dans mon père; J oubliai mon amour par le sien traversé : Je n eus devant les yeux que mon père offensé. J*attaquai les Romains ; et ma mère éperdue Me vit, en reprenant cette place rendue, A mille coups mortels contre eux me dévouer ■,* Et chercher, en mourant , à la désavouer. ^

L'Euxin , depuis ce temps , fut libre, et lest encore ; * Et des rives de Pont aux rives du Bosphore, Tout reconnut mon père ; et ses heureux vaisjeaux N eurent plus d ennemis que les vents et les eaux. Je voulois faire plus : je prétendois , Arbate , Moi-lnéme à son secours m avancer vers TEuphrate. Je fus soudain frappé du bruit de son trépas. Au milieu de mes pleurs , je ne le cèle pas, Monime, qu en tes mains mon père avoit laissée. Avec tous ses attraits revint en ma pensée. Que dis-je? en ce malheur je tremblai pour ses jours; Je redoutai du roi les cruelles amours :

' Contre eux est inutile. On en pent dire autant du mot rendue dam le vers pr^édent. (G.) Six vers plus haut: Que/ dtvin9je^ pour qite dtvinP'je, Cette locution ëtoit sans doute en usage du temps de Racine y car aucun critique contemporain ne Ta relevée. Toutes les éditions publiées pendant la vie de Faifteur portent qwel devins-je.

i4 MITHRIDATE.

Tu sais combien de fois ses jalouses tendresses ' Ont pris soin d'assurer la mort de ses maîtresses. Je volai vers Nymphée; et mes tristes regards Rencontrèrent Phamace au pied de ses remparts ■. J en conçusse Ta voue, un présage funeste. Tu nous reçiïs tous deux, et tu sais tout le reste. Phamace, en ses desseins toujours impétueux. Ne dissimula point ses vœux présomptueux : De mon père à la reine il conta la disgrâce >, L'assura de sa mort, et s'offrit en sa place. Comme il le dit, Arbate, il veut l'exécuter . Mais enfin, à moi^tour, je prétends éclater : Autant que mon amour respecta la puissance D'un pèreè qui je fiis dévoué, dès lenfance. Autant ce même amour, maintenant révolté. De ce (^ouveau rival brave l'autorité.

Ou Monime, à ma flamme elle-même contraire. Condamnera l'aveu que je prétends lui fiaire; Ou bien, quelque malheur qu'il en puisse avenft'^, Ce n est que par ma mort qu'on la peutobtenir.

* Va h. Virent d'abord Pharotcc au pied de tes remparts.

* Si Arbaie sait tout le reste, il doit savoir cela. Comment-Xiphares a*t*il su ceU même > puisqu'il ne fait que d'arriver ; ou bien , s'il est arrive depuis plusieurs jours , comment a-t-il attendu si tard à faire cette confidence à Arbate ? Dira-t-on que Monime a confie à Xipharès les propositions de Pharnace? Cela ne seroit pas dans le caractère de Monime : nous allons voir tout^i-l'heure qu'elle n'implore le secours de Xipharès que lorsqu'elle ne petit plus résister à la violence de son frère. (G. )

Avenir, par corruption pour advenir, est banni depuis longtemps du discours soutenu. On dit familièrement i7 advint, mais

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