‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 51 sur 328 · MITHRIDATE, MONIME · texte numérisé non relu

MITHRIDATE, MONIME

* MITHBIDATB.

Allons y madame y allons. Une raison secrète Me fait quitter ces lieux et hâter ma retraite. Tandis que mes soldats, prêts à suivre leur roi. Rentrent dans mes vaisseaux pour partir avec moi. Venez, et qu'à lautel ma promesse accomplie Par des noeuds éternels lun à lautre nous lie.

MONIME

Nous, seigneur?

Quoi, madame! osez-vous balancer?

MONIME

Et ne m'avez-vous pas défendu d'y penser?

J'eus mes raisons alors : oublions-les, madame. Ne songez maintenant qu à répondre à ma flamme. Songez que votre cœur est un bien qui m'est dû.

MONIME

Hé ! pourquoi donc, seigneur, me 1 avez*vous rendu?

* Quoi ! pour un fils ingrat toujours préoccupée ^ Vous croiriez...

MONlME.

Quoi, seigneur! vous m auriez donc trompée?

Perfide! il vous sied bien de tenir ce discours, Vous qui, gardant au cœur d'infidèles amours ', Quand je vous élevois au comble de la gloire, M'avez des trahisons préparé la plus noire ! Ne vous^ouvient-il plus, cœur ingrat et sans foi, Plus que tous les Romains conjuré contre moi , De quel rang glorieux j'ai bien voulu descendre Pour vous porter au trône où voua n'osiez prétendre? Ne me regardez point vaincu, persécuté : Bevoyez-moi tainqueur, et par-tout redouté. Songez de quelle ardeur dans Éphèse adorée, Aux filles de cent rois je vous ai préférée ' ;

' Garder au cœur, ponr garder dans le cœur y ne seroit point admU en prose; mais ce tour est favorable à la poësie, et cela suffit pour le faire adopter.

' Construction hardie, elliptique, où Ton supprime quelques mots inutiles k la clarté, mais nécessaires à la marche ordinaire de kl phrase. Pour réduire cette construction aux riglea communej^

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