ACTE IV, SCÈNE IV
Et je vois quels malheurs j'assenable sur ma tète : Mais le dessein est pris; rien ne peut m'ébranler. JuQezren , puisque ainsi je vous ose parler^ Et m emporte au-delà de cette modestie Dont jusqu'à ce moment je n'étois point sortie '. Vous vous êtes servi de ma funeste main •
Pour mettre à votre fils un poignard dans le sein : De ses feux innocents j'ai trahi le mystère ; Et, quand il n'en perdroit que l'amour de son père, Il en mourra^ seigneur. Ma foi ni mon amour > Ne seront point le prix d'un si «ruel détour. Après cela, jugez. Perdez une rebelle; Armez- vous du pouvoir qu'on vous donna sur elle - J'attendrai mon arrêt; vous pouvez commander. Tout ce qu'en vous quittant j'ose vous demander, Croyez (à la v^rtu je dois cette justice ) Que je vous trahis seule, et n'ai point d#complice ; Et que d'un plein succès vos vœux seroient suivis ^ Si j'en croyois, seigneur, les vœux de votre fils.
' Je m'emporte au-delà de cette modesiiey dit-elle ; et ce dernier trmît prouve qa elle n en est pas sortie an moment. (L.)
* lien mourra. Ce mot si simple, dit La Harpe, est ici admira* ble; il contient tout: c'est à-la-fois ce que Tamour peut dire de pins tendre et de pins adroit ; c'est la perfection. On Toit par ce* jDOt qu'elle espère encore trouver dans Mithridate 1q cœur d'un père. S'il résiste à cette idée, rien ne pourra le toucher; car ce n'est pas la douleur d'avoir perdu sa maîtresse qui fera mourir Xîpharès, mais la douleur d'avoir déplu à son père.
' Va a. Et qnc d'an plein effet vos vnnz seroicDt suivis.
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