‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 71 sur 328 · IMITÉ PAR RACINE · texte numérisé non relu

IMITÉ PAR RACINE

Nous ayons promis de traduire la lettre de Mithridate au roi Arsace, pour faire sentir à quel point Racine ëtoit nourri de Fhistoire , et avec quel art il enrichissoit ses tragédies de tout ce que les anciens pouYoient lui fournir. U est plus que probable que Mitbridate écrivit au roi des Parthes pour lui demander son alliance; mais nous n'avons pas la lettre originale. Celle qui se trouve dans les fragments de Salluste est sans doute de la composition de cet historien; mais ce sont les vrais sentiments, les véritables idées de Mithridate, et ce prince lui-même n'auroit pas pu les mieux exposer. Ce qui prouve jusqu'à l'évidence que Salluste est l'auteur de la lettre, c'est que la première phrase est une imitation très marquée du début de la harangue des habitants de Corcyre au peuple d'Athènes , pour lui demander son alliance : harangue qui se trouve au premier livre de l'Histoire de Thucydide. Salluste étoit grand imitateur de Thucydide, et il a pour le moins égalé son modèle. Salluste a fait parler les grands hommes de la république, tels que César, Caton, Marius, comme Thucydide a fait parler Périclès, Alcifoiade^ Nicias. Il n'existe de 'te morceau qu'une seule traduction foible et peu e:^te; il n'a pas encore été tourmenté par un grand nombre de commentateurs et de scoliastes; il est même ^ssez peu connu des gens de lettres: et ceux qui prendront la peine de comparer ma

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traduction «avec Toriginal verront qu'il n'étoit pas tou«jours facile de saisir le sens d'un auteur qui a la prétention de la brièveté, et qu'il étoit plus difficile encore de faire passer en notre langue, aVec clarté et précision, une lettre d'un style aussi brusque, aussi serré, et d'une aussi grande énergie.

Ces observations appartiennent à Geoffroy ; elles servoient de préface h sa traduction : elles sont une introduction nécessaire à la nôtre. Mai^ quoique son travail ait rendu celui que nous avons fait plus facile, nous craignons bien de n'avoir donné qu'une nouvelle preuve de l'impossibilité de faire passer dans notre langue toutes les mâles beautés de l'original.

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