‹ Œuvres complètes de J. RacineChapitre 74 sur 328 · Que toutes les morts ^ensemble lui se · texte numérisé non relu

Que toutes les morts ^ensemble lui se

ioins cruelles que de la voir dans l'état oOi i^

U la conjure de Tentratner avec elle; il ne

iius vivre si elle meurt; il vit en elle, il ne res-«

* àe pour elle. »

PERSONNAGES

AGAMEMNON

ACHILLE

ULYSSE

CLYTEMNESTRE, femme d'Agamemnon.

IPHIGÉNIE, fille d Agameminon.

ÉRIPHILE, fiUe d Hélène et de Thésée.

ARCAS

EURYBATE,

iEGINE, femme de la suite de Clytemnestre.

DORIS, confidente d Ériphile.

GAEDES.

domestiques d'Agamemnon >

La scène est en Aulide, dans la tente d^Agamemnon.

' Les Grecs ayoient des esclaves , et point de domestiques. On ne comprend pas pourquoi Racine a jugé à propos de donner le titre de domestiques à des officiers du palais d*Açamemnon. Ar> cas ëtoit son capitaine des |[ardes, si l'on en juf^e d'après ce vers ( acte IV, se. x):

Mes gardes toqs soÎTront, commsDdés par Arcat.

0 est vrai que les anciens rois de la Grèce n*aToient point de gardes ; mais ces rois des temps héroïques étant beaucoup trop simples pour notre théâtre, nos poètes sont obligés deleur don^ ner la pompe et la majesté des rois modernes. (G.)

'kièk

Id. Là-dessus, il leur est venu dans Tesprit la

Itrange pensée du monde: ils ont mis dans la

te d'Adméte les paroles qu'Âlceste dit à Ad-

\ et celles qu'elle se fait dire par Garon. Ainsi

Iposent qu'Adméte, quoiqu'il soit en parSedte

spense voir déjà Caron qui te vient prendre; et ai

le, dans ce passage d'£uripide, Caron, impa

presse Alceste de le venir trouver, selon ces

jirs , c'est Adméte effrayé qui est l'impatient ,

presse Alceste d'expirer, de peur que Caron

irenne. // f exhorte j ce» sont leurs termes, h

furage, à ne pas' faire une lâcheté y et à mourir

f grâce; il interrompt les adieux d Alceste pour

de.se dépécher de mourir. Peu s'en faut, à les

k, qu'il ne la fiasse mourir lui-même. Ce sen-

^ur a paruybrf vilain y et ils ont raison : il n'y

Ee qui n^en fût très scandalisé. Mais comment u attribuer à Euripide? En vérité, quand autres éditions où cet AL n'a point été oulonneroientl pas un démenti au malheureux ^ qui les a trompés, la suite de ces quatre 4oiis les discours qu' Adméte tient dans la |ène , étoient plus que suffisants pour les emtomber dans une erreur si déraisonnable : te , bien éloigné de presser Alceste de moue: « Que toutes les morts , ensemble lui se- Loins cruelles que de la voir dans Fétat oOi i^ U la conjure de l'entraîner avec elle; il ne us vivre si elle meurt; il vit en elle, il ne res-* le pour elle. »

i4o IPHIGÉNIE.

A peine un foible jour vous éclaire et me guide ', Vos yeux seuls et les miens sont ouverts dans TAulide *. Avez-vous dans les airs entendu quelque bruit? Les vents nous auroient-ils exaucés cette nuit? Mais tDut dort, et Tannée, et les vents, et Neptune^.

. AGÂMEMNON.

Heureux qui, satisfait de son humble fortune. Libre du joug superbe où je suis attaché. Vit dans Fétat obscur où les dieux Tout caché!

ARCAS

Et depuis quand, seigneur, tenez-vous ce langage? Comblé de tant d'honneurs, par quel secret putrage Les dieux, à vos désirs toujours si complaisants, Vous font-'ils méconnottre et haïr leurs présents?

' Dès le dëbut, je me sens intéressé et attendri: ma cnriosité est eicit^e par les seals vers que prononce nn simple officier dTA- ^memnon t vers harmonieux, vers charmants, vers tels qoLBWsaai poëte n*en faisoit alors! (Volt.)

* Julide, dont Racine a fait une province, n*étoit, suivant Strabon, qu'une bourgade dépendante de Tanagre; son véritable nom étoit Aulis ; elle 8*élevoit sur la partie la plus resserrée dn détroit d*£uripe, aujourd'hui de Mégrepont. Son port éioit très vaste.

' Quels sentiments! quels vers heureux! quelle voix de la nature! s*écrie Voltaire. Quel vers, continue La Harpe, que celui qui réunit le silence de Tannée, des vents, et de Neptune ! QueDê 'élégance dans fout ce qui précède! Quel intérêt, quel montrement dans ces vers, par lesquels Agamemnon sort Je sa profonde préoccupation : Heureux tjui, satisfait, etc. ! Actuellement qne nous en sommes aux chefs-d'œuvre de Racine, nous devons répéter qn*nn commentaire où Ton voudroit remarquer toutes les beautés seroit sans fin. (L.)

Page 1