ACTE I» SCÈNE 1. i4i
Roi, père> époux heureux, 6k du puissaot Atrée, Vous possédez des Grecs la plus riche contrée : Du saug de Jupiter issu de tous côtés , Lliymea voua lie encore aux dieux dont vous sortey ; Le jeune Achille enfin, vanté par tant d'oracle», Achille, à qui le ciel promet tant de miracles, Recherche votre fille, et d'un hymen si beau Veut dan& Troie embrasée allumer le flambeau* Quelle gloire, seigneur, quels triomphes égalent Le spectacle pompeux que ces bords vous étalent; Tous ces mille vaisseaux, qui, chargés de vingt roiss N^attendent que les vents pour partir sous vos lois? Ce long dilme , il est vrai , retarde vos conquêtes ^ ; Ces vents depuis trois mois enchaînés sur nos têtes
' Cest, je croi4, la feala foU qWoB a mi» l^ wtot tous- arot «n nombre déterminé. Je ne connois point de construction plus ortrfinale et plus hardiment créée ; et cette nouveauté dans le langage se Jérobe sous Textréme vérité du sentiment qui a suggéré l'expression. Qaelle plaee tienBOBt dans c« vers, comme- dans rimagination, cas miile vaùstmuf! Graeo9 au mot (oas, il y en a bian plus de mt7/e. (L.)
* Homère ne fait aucune mention de ce calme , ni même du sacrifice dTphigénie. Ovide parle de cet obstacle qui retient la flotte des Grecs; il Tattribue à NepCime, pretectenr d'tine ville doat II aToit bâti les rempasls : (6.)
« Permanet Aoniit Nereus violentus in undii ,
• BelUqne non transfert : et sont qui parcere Trojas
* NepUiDura credant, quia momia fecerat urbli. •
METARf. , lib. X1T, ▼. a4-
« Soudain les flots de la mer d*Aonie restent immobiles, et re* fusent de transporter farmée. Quelques uns s'imaginent que Neptune vent Maver Troie , dont il éleva les murs. »
D'Ilion trop long-temps vous ferment le chemin : Mais, ps^mi tant d'honneurs, vous êtes homme enfin; - Tandis que vous vivrez, le sort, qui toujours change , Ne vous a point promis un bonheur sans mélange. Bientôt... Mais quels malheurs dans ce billet tracés Vous arrachent, seigneur, les pleurs que vous versez? Votre Oreste au berceau va-t-il finir sa vie? Pleurez-vous Glytemnestre, ou bien Iphigénie? Qu est-ce qu'on vous écrit? Daignez m en avertir '.
AGAMEMNON
Non, tu ne mourras point; je n y puis consentir.
ARCAS
Seigneur...
AGAMEMNON
Tu vois mon trouble; apprends ce qui le cause , Et juge s'il est temps, ami, que je repose. Tu te souviens du jour qu en Aulide assemblés Nos vaisseaux par les vents sembloient être appelés : Nous partions ; et déjà, par mille cris de joie, Nous menacions de loin les rivages de Troie. Un prcylige étonnant fit taire ce transport; Le vent qui nous flattoit nous laissa dans le port. Il fèïLxxt s'arrêter, et la rame inutile Fatigua vainement une mer inunobile >.
« Daignez me rapprendre, m'en instruire, m'en informer, ëtoit U phrase absolument nécessaire. Mais ce mot avertir est la seul« tache de cette scène , si riche en beautés de toute espèce. (L.)
* Vers remarquable par l'harmonie et la richesse poétique. Uexpression fatiguer est de Virgile :
m Olli remi((io noctemqae , diemque &tifpiQt. «
£NiiD.,)ih. Vm,T. 94-