ULT8SE
Je suis père, seigneur, et fbible comme un autre*; Mon cœur se met sans peine en la place du vôtre ^ ; Et , frémissant du coup qui vou» fait soupirer, Loin de blânfer vos pleurs, je suis près de pleurer.
' Imitations d'Euripide, acf . Il, se. iv.
* Rien n*ëgale Tétoqueiice de ce discotirs d*Ulysse ; c*est un des pins beaux morceaux d*une tragédie où les beautés fourmillent. Le caractère d*Ulysse s'ennoblit ici, et devient prescjae intéressant. Ce rôle, quoique fort court, est un de ceux qui font le plus admirer Tart et le goût de Racine. Il n'étoit pas possible au poëte d*introduire Ménélas, quoique bien plus intéressé à Faction. Le mari d*Héléne ne pouvoît être que ridicule dans nos mostirs. I^aillcAn, un autre inconvénient pour nous , c*est qu'un homme qui , pour recouvrer sa femme , veut forcer son frère à faire périr sa fiUe, est odieux et méprisable. Euripide lui-même Ta senti : car Blénélas , touché de la douleur de son frère , dépouille tout l*iAtérét qu*il pouvoit prendre à ce sacrifice, et ne reparoSt plus; ce qui est contraire aux règles de l'art, qui ne permettent pas qu'on montre au commencement d*une pièce un personnage qu'on ne revoit plus dans la suite. Ulysse est mieux Hé à l'action que BSénélas, quoiqu'il n'y prenne pas autant d'intérêt : après avoir paru dans les premières scènes, il est censé agir dans tout le cours de la pièce, et revient au dernier acte faire le récit du sacrifice. (G.)
* Nous avons déjà observé , au commencement de cet acte, que , du temps de Racine, on employoit encore la préposition en au lieu des prépositions à et dans.