‹ Œuvres complètes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre, mises en ordre et précédées de la vie de l'auteur (volume 2)Chapitre 19 sur 33 · DE L EAU · texte numérisé non relu

DE L EAU

Noi^ii airofw parlât ^ux harmciiiiei aqtiatiqtMsiie» ir^^^UiuXf d« lrur# fiifuilUs^, qui Umt VotRee âe pQiittupnn iti âe langtMf* pour ^npirer et reoMillir ' Un etkux n^rittfîfut»; den Ufrtwtê aurénéeê é^tm içrstîui mnnUre 4e ieurt^ fraiU^ pour m mêê^ nmr m loifi^ #»i ir^igtiant Mr le» eattx tMpideêiie Umr% TiuAnen^ qui kfur «enrent de mçcwipMir {K^mfier le# emiK mmierriàinen. Mom verrMi i^ipmma VeaUf à^îi^/^i* itt% t^hre, ne trmmfmme ennuite^ p»r I4 mMhêtum tUt mAeil et de faifi et$ ii'nWUh^en ttiiurn^i*n fruiU, en ^c^irceteteo Uipi^ ho\UU\ Noiii» avofK AhutmXrft comment IV' i)r<t li;iftnoiiiqfi«r ;iv;iit iJiiivtril/u^ le» yé^jkistax tu «HMr ffiiilliiijile <le ^irnri'», iJont un ((rand nombre appartient partkiili^rtf'ment aux eaux, tel» que U*A pruplierf» et le«^ »auie%; aux nei^e», tek que h'«i ^apinf^ et lef» c^'dri'^; aux eaux en ^apora^Mif tjffnuu* Un i'.hHfup'mwfun et le» mowMen; a»s «'aux pluviale» f tel» que le» pin» et le» chètu», aux «'auK <lif la mer, t<'l» que li'» littoraux rnsh ritirrie^ et le» pbute» »ou» - marine», comM

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es algues et Les madrépores même , si toutefois, ceux-ci aoiit des: végétaux.

La puissance végétale , après, avoir reçu. des. ^aux une partie de ses développemenls, étend à umi tour sur elles son influence. Elle les change â*2d>ord en bois, qui, par-sa décomposition, de- Ment; ensuite terre végétale. Cest à Taccroissemen* progvessif de cette terre, qu'il £aui attri^ bvftr la diminution successiive des. eaux sur toute. I01 surface du globe ; c^est dans les vallées et dan& leur» couches profondes qu'il faut chercher les aaciensfleuvesqpiiles remplissaient autrefois. Us «MA mamtenant ensevelis dans, leur humus. Semblables aux habitants de Tantique Egypte, qui mt présentent plus que des momies immohilesii Ijénétrées d'aromates , les grands fleuves et les favas de mer qui ont sillonné le globe, gisent maiftteiiaftt , transformés en terre végétale , au fond des vallons qu'ils ont creusés, et au pied des rochers qu'ils ont escarpés. On n'y voit plus d^eaiKX vivantes ; on n'y voit que des ruisseaux vagabonds , semblables à ces hordes d'Arabes, errantes aujourd'hui en petit nombre sur les tontr beaux des nations populeuses qui élevèrent les pyramides.

La puissance végétale s'accroît de jour en jour aux dépens de l'Océan; elle en végétalise le bassin. Elle a formé, par ses débris, les sables mou* rants et les grands bancs de vase qui sont à l'em-

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bouchure des fleuves et au sein des mers, tels|' que les hauts-fonds du golfe de Mexique, le l>aiic de Terre-Neuve, et celui des Aiguilles près dn cap de Bonne-Espérance. J^ai navigué dans la Manche , la Méditerranée , la mer Baltique, rOcéan atlantique et TOcéan indien, et j^ai r^ marqué que la plupart des sondes que Ton y pre« nait aux attérages , même hors de la vue de tent , amenaient du fond une vase onctueuse et terdfttre, qui devait évidemment son origine aux végétaux. Ce sont leurs dissolutions sulfureuses et bitumineuses qui, se dégageant, au fond des eaux, des parties ignées du soleil et des molécules 4e Tair qui les ont formées dans Torigine, entretiennent sur les rivages les tremblements de terre et les feux des volcans. Que dis-je! cet humus maritime se couvre à son tour d^une infinité de plantes, dont la plupart sont inconnues il nos botanistes» A certaines saisons, elles se détachent du fond des mers en si grande quantité, que toutes les grèves en sont jonchées. J^en ai vu TOcéan atlantique couvert pendant plus de quatre-vingts lieues , entre l'Amérique et l'Afrique. Il y en a de plus septentrionales, qui fournissent des fourrages aux bestiaux des habitants de l'Islande et des Orcades; quelques-uns fournissent aussi des sels de soude« et toutes, un excellent' engrais aux terres. Ainsi, rOcéan a $es prairies sous-marines ; et ce sont

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les tempêtes qui les fauchent pour les besoins de rhomme.

Mais il est inutile d^ aller chercher au fond des eaux , des preuves de Taccroisscment annuel de leur lit par les intermèdes des puissances végétale et aquatique. Il y en a d^cvidentes dan$ nos continents. L^Egypte s'agrandit chaque jour p^r les alluvions du Nil, et la plage d'Aigues-Mortes, par celles du Rhône. Les marais de la Hollande. du Labrador, et des vastes embouchures ^e VOr rënoque et de F Amazone sont encombrés des dëbris de différents genres de végétaux destinés à ces atterrissements : que dis-je! une île peut naître d'une noix. Cook et Forster ont vu, au sein de la vaste mer du Sud, des îles naissantes s^ëlever au-dessus de son niveau par de simples cocos échoués sur des écueils de madrépores. Ces cocos y avaient produit des palmiers, qui, par la chute de leurs feuilles et de leurs fruits, cou^ Traient chaque année leur sol aride d^une couche lëgèrc d^humus.

On pourrait, par le seul moyen de la puissance végétale, rendre, d^une part, aux sommets 11US de nos montagnes Thumus dont ils sont dépouillés, et les anciennes sources de leurs fleuves, et d'^autre part , assécher et assainir les marais de leurs embouchures. Les arbres montagnards, tels que les sapins, les mélèzes, les cèdres, et tous ceux du genre des pins, sont très-propres à

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attirer et à recueillir, par leurs folioles rAinies en pinceau, les vapeurs de Fatmosphère dés ihoniagncs, et à éiï couvrir lé sol par leurs débris. t)'un autre côt^, les. arbres aquatiques, tels que les saules, les aunes, les peupliers, sôn^ par leun racines autant de machines hydï'auliques. Ils pomfraient sitb bruit Teau des marais, éii changeraient le méphitisrhe en air pur, é^ par leurs dépiouiltes annuelles eifi frarïsfortneraient le sol ingrat eti terre fëcoifide. Bien des arbres pourraient Servir à-la-foîs h ces deux usagés. On a trouvé que i^évaporation du fcuill<ige d^un grand chêne montait à des itiilllers de toniicaux par an : sou aspiration dattis les montagAesf doit être égale à son expiration datis les vallées.

&i l^eaù dtait toujours dans son état naturel de glace, elle ferait un obstacle perpétuel à la puissance végétale ; mais elle en est le plus gramd véhicule dans rétat de fluidité, qu^elle doit à la chaleur du soleil. En vapeurs, elle gonfle les semences et les fait germer; en gouttes de pluie, elle coule depuis les feuilles des végétaux jusqu^a leurs racines, qui s*cn imbibent; en happes, êfle en reflète les imagés dans son sein; en ruisseaux et en fleuves, elle voiture leurs fruits, et les transporte sur les rivages lointains; enfin, en océan, elle les fait circuler par ses courants, et les ressème jusqu^aux extrémités dû monde. Les courants da TOcéan indien charient des cocos

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«t une multitude d'autres semences, juAquo sut* Ica écueiU de la mer du Sud. Cest ^'après rc^migration annuelle de ces fruits, que j'ai posd les premiers fondements de la thc^oricdu mouvement des mers. Ce^t à leur exemple, que j'ai invite les navigateur^ à hasarder quelques projectiles pour étendre les conununicatioiîs ,du genre huqiain par tout le globe. Je puis oncore citer ces deux bouteilles, doi^t la première, jetc^e par un Anglais dana la,baie de Cadix, fut péclu^e sur les eûtes de Normandie, {ivec une lettre adressée à Londi*es; et dont la seconde , ipise ^ la mer à cent vingt lieues de la cÀte d'Espagne , a ^tterri sur le cap Prior avec une lettre à mon adresse. J'ai appris qu'une troisième bouteille avait élé jetée, il y a plusieurs années, h (Jeux cents lieues au nqrd de l'Ile-de- France , et qu'elle avait abordé dans cfillc. llp. Le billet qu'elle renfermait y est déposé dans les ar* chiyes de l'intendance.

Mais pourquoi ne nous servirions-nous pas de6 courants réguliers de l'Océan atlantique, qui descenflent alternativement des pôles, ppur transporter, jusque sur nos rivfiges dépouillés de bois, les arbres des forêts qui se perdent dans le nord de FEurope et de l'Amérique ? Pourquoi n'exécuterioAS-nous pas en grand ce que nous faisons tous les jours en petitï^ Le Abin, la Neva, la Seine I sont chargés tous les ans de grands trains de bob| que les,covrants de ces fleuves voiturenl

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depuis leurs sources jusqu^à leum^ embouchures. J^ai vu en Hollande, sur un de ces trains, composé de bois de charpente, des maisons eûtières avec leurs familles. Pourquoi n^en hasarderions-nous pas de semblables sur TOcéan atlantique, dans le milieu de Tétë, lorsque cet océan descend du nord comme un fleuve paisible et majestueux?

On a envoyé autrefois des charpentiers couper à grands frais le bois de teinture de la baie de Campêche , et le préparer pour le commerce. Dès pêcheurs vont tous les ans, à travers mille périls, harponner la baleine jusque dans les glaces du Nord. Que dis-je! il y a quelques années, on a vu uu vaisseau anglais aller faire un chargement déglace sur le banc de Terre-Neuve , parce que cet objet de luxe, en été, était rare à Londres. Ne serait-il pas bien plus utile et plus aisé de couper, dans le nord de FAmérique , tant d'arbres qui pourrissent en vain dans ses forêts? On peut y tailler les troncs des sapins et des chênes tout entiers, avec leiu's écorces brutes, les lier en trains avec les branches longues et souples des bouleaux, et les abandonner au cours des fleuves jusqu'à la mer, dont les courants les amèneraient sur nos rivages. Il ne faudrait que quelques chaloupes à voiles pour les remorquer. Ces trains mobiles sont peut-être plus propre* à résister aux agitations des flots, qu'un assemblage solide de charpente. Les Russes en font des ponts flottants très-du-

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)le5 sur les cataractes des fleuves. J^ai tra- :^, sur un pont semblable, celle de Nislot, ssi agitée qu^une mer en tourmente. Ainsi nous unions voir les arbres de F Amérique remonter Seine, et nous apporter, du Nord et du sein s eaux , la matière du feu.

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