‹ Œuvres complètes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre, mises en ordre et précédées de la vie de l'auteur (volume 2)Chapitre 20 sur 33 · HARMONIES ^VÉGÉTALE* DE LA TERRE · texte numérisé non relu

HARMONIES ^VÉGÉTALE* DE LA TERRE

Si la puissance végétale réfléchit et augmente la chaleur du soleil; si elle vegétalis#ratmosphère et les eaux, elle n^a pas moins d^influence sur le globe solide de la terre, dont elle étend la circonférence d^ année en année. Nous avons tu, aux harmonies terrestres des végétaux , quHls étaient pourvus de racines de diverses configurations, dont les unes, divisées en filcLs, étaient propres i pénétrer dans les sables ; d'autres , en longs cordons et en pivots, à s'enfoncer dans les terres, solides; d'autres, en formes de ventouses et de plaques, à se coller aux roches et à en tirer leur nourriture. Nous avons observé aussi que les végétaux étaient ordonnés en genres et en .espèces aux divers sites du globe , les uns aux monts Ëoliens, d'autres aux montagnes littorales, fluviatiles ou maritimes, d'autres aux plaines; que leurs semences étaient proportionnées à ces différents sites, les unes étant fort légères ou garnies de volants , pour s'élever sur les hauteurs; d'autres de formes carénées, pour vo-

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guer dans le lit des flewes et des mers, et aborder sur leurs rivages; d'autres enfin arrondies, pour rouler ^ur une surface, et se ressemer loin die la tige qui >les a .produites. Nous avons vu «nfin que la .puissance végétale , ,par ses débris , étendait de jour en Jour des couches d'humus, depuis les sommets des plus hautes montagnes jusqu au fondidu bassin des mers.

Nous .retrouvons ces couches dans Tintérieur du globe ,*à. plus de deux cents pieds.de sa sur- ,fiice.flies lits de tourbe et.les couches de charbon 'deitenre s'enfoncent dans sa profondeur. Ce ne «sont cependant que. des tritus de plantes ou des débris d^ancj^nnes forêts, recouverts de fossiles. .U.y.afeniSollande de ce^ terres végétales souter- .ni|ies,.qui! ne. sont composées que de plantes des Ili4esi;pn,y distingue encore les feuillages des ^palmiers. Telle est celle qui s'étend depuis les -«nvironsd'Âmsterdam jusqu'à ceux de Maestricht, et dws le voisinage de. laquelle on a trouvé des oursins. de mer et des< mâchoires de crocodiles, incrustés dans la pierre. Quelle révolution subite da,glqbe«les a ensevelies dans le sein de la terre ? ;N^3t-€eipas,.comme nous Favons vu, le mouveiBsent^n. spirale de UQcéan, qui en laboure la sur- 'liace ? Les débris fossiles de la. puissance animale 409twcoipparablement plus nombreux que ceux de. la. végétale, comme on peut le voir à la profondeur des carrières. de pierre calcaire et de

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miïi'bre, formée.^ par l/e$ coquilbge§ et Im madfï6» poiv6 l>roy^6 par 1<^$ mers H anuil{$anii^ par kn 6i4»4*le«. O t><>nl d4»« pH'c<>^ toujours croiMâinto de? re grand «arcoplia^jct du globe « quft«*acerof( €liai{ue aiifi^e di*ti $<|ij^lelte« de ses liabitaiito.

MaiJ» 61 la mort et»t p4M'tnanenle sur La terrCi la vie, roiiinie un fleuve, di^tMend perpéUielLeiiiMit di'ti nfux, Ai'kioU* avait défini La matière brute, c^ile qui evt iorin/'e par juxta-uositiony et la matière orgaiiis4^e, r^lle qui est assemblée par iutussusi'eption. (^uoi^jue la première di^finitiM puisM' s'appliquer aux rylindr4'S qui répètent ^ rliaque aiiii^e les troues organisas des arbres^ il nVn est pas moins vrai que ta seconde ne convient qu'aux rorps vivants. Par exemple « il sent- UU* i\u\mi* ame v/'g/'tale, des<:<Midue du ciel, s*introduisi' dans la M'nn*nc(' conti^uH^ dans Tovaire, ,. la d(^v<'loppe i*nsijit<', H Tarrroiss^t de dcdam . en didiors, jusqu'à cvqui', parvenue au deniifr ti*rm<' d<* sa grandi'ur 4*1 de sa «lur^e, elle ntourne aux lieux d'où elle 4>f>t partie. Si notre ame raisonnable pouvait voir le riel intellecluel, peut^ i^tre verrions-nous les iornies animées et les premiers palrons des vi^gi^taux en descendre parmi les ros4^es, les pluies el les orages qui doivent Ih revint ir, el qui tombent lïu ciel pbysique. Quoi qu'il en soit , il e^t bien rertain que rbaque plante laisse f)ur le globe une di^pouille solide et permanente , et que c'est de la somme totale de cei

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)rÎ8 de Y^gétaux, que le globe augmente an- Rkellement sa circonférence. Si on pouvait per-

Èsous la ligne un trou jusqu^au noyau de granit paraît former son intérieur, on trouverait bon enveloppe composée de couches fossiles véj^tales et animales, disposéestomme les couches lÉomuelles qui entourent le tronc des arbres.

Les couches d'humus doivent croître plus vite dans les zones torridiennes , où la végétation dure loate Tannée, que dans les tempérées, où elle 1a*a d'action que pendant six mois. Elles s'étendent sur la surface de la zone torride terrestre , au moyen de ses fleuves , dont la plupart , débordés et repoussés par la mer dans la saison plu- Meuse, comTent la terre et l'exhaussent par leurs aUuvions : tels sont l'Amazone , TOrénoque , le Nîl, le Sénégal, le Zaïre, et la plupart de ceux des contrées torridiennes de l'Asie et de l'Afrique. D'an autre côté , la zone torride aquatique remplît chaque jour son bassin de madrépores, espèce de végétaux pierreux animalisés. Les zones torrides du globe croissent, d'année en année, en solidité et en élévation. L'équilibre se maintient entre elles et avec les autres zones, au moyen des zones glaciales. L'hémisphère boréal, chargé du plus grand poids des continents , s'incline cinq ou six jours de plus vers le soleil, de manière que son été est plus long que son hiver. Il est probable qu'il resterait stationnaire dans cette

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position , fii l^hdmisph&cc austral , aurc^iargë à tour d^uuc plus granUe coupole de glace par ^ scncc prolongée du soleil, ii^ obéissait à. ce levi mobile , et ne se rapprochait de .Fastre du jo^ir^ Des deux mouvqmcnts versatile et alternatif d(p,| zones glaciales, sa forment, chaqife ax^iéc, il; mouvement des sai^ops, et, san3 doiite, celqi,^ change, avec les siècles, les pôles de «la te;]:i;e,ppiir y dtendre de plus en plus la puissance .yëg^tale. 11 est dvident que notre globe a été focp^ d'abord pour porter des végétaiix. Si aa nurfi^Ai dtait trop coi^pacle, les tendres racines dei| herbes ne pourraient la percer; et si ^Ue étntf^ trop légère , les gros troncs des ai^bres -n'y afi* ,| raient point de solidild. Si elle dtait tout unie, J comme auraient dû Tengendrer les seules lois de ] la rotation, les vents y souifleraicnt trop fort,. les \ eaux la couvriraient en entier; et ep supposant I qu'une zone sèche s'élevât au-dessus d'elle par la force centrifuge, les végétaux n^ trouveraient ni ados ni abri. (>i) d'un autre côté, notre terre n'élait pas ronde; si, par exemple, elle était carrée, elle aurait beaucoup d'endroits que le soleil n'éclairerait jamais; si, étant ronde, elle ne tournait pas sur elle - mdme chaque jour, un de SOS hémisphè|*es serait toujours plongé dans la lumière , et l'autre dans les ténèbres ; si elle ne circulait pas obliquement autour du soleil, chaque année, les végétaux auraient toujours la même

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llison dans chaque hémisphère; enfin ^ si ses p Aies pjb variaient pas avec les siècles, rOcdan , obstrué ï la longue par les débris des végétaux , se trouverait de niveau avec les continents. 11 est «^ prénmer que les terres planétaires <iue nous aperçons dans les cieux , sont soumises à des har- Bonies sembfalylés. La puissance végétale doit l'étendre dans tous ces mondes, comme la puis* jwnce solaire. £lle doit, de siècle en siècle, en ktcrottrc! les sphères et en varier les pôles. Elle jkit on arbre de vie, dont les racines sont dans le ëII, nés tiges dans les planètes, les branches leurs Aatellites, et dont les plus petits ra- Dix â'tftéftde/it jusqu^aux comètes invisibles qui côiârent les extrémités du système de Tastre ijoai".

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