HARMONIES VÉGÉTALES DES VÉGÉTAUX
Nous avons vu que chacune des puissaiices mentaires s'harmoniait avec elle-même et i les autres : Tair est en équilibre de tempënl et de niveau avec Tair, Feau avec Teau. To les parties de la terre se supportent coname o d^une voûte , en pesant toutes, ensemble ven centre commun. Chacun des trois éléments] court la sphère des douze harmonies physM et morales par des contrastes et des consoimai d^où résultent les genres et les espèces dm des vents , des mers et des montagnes. Il en « même de la puissance végétale.
La plus importante de ses harmonies est, contredit, la conjugale. Elle ne divise pa»
végétaux, comme les animaux, en deux grai moitiés de mâles et de femelles ; mais elle réi dans la plupart des végétaux , la faculté jre] ductive , de manière qu'elle est inhérente à tronc même. Nous avons considéré ailleur fibres de la tige d'un végétal conrnie autan
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plantes particulières réunies sous la même écorce. ■ous sommes portés à croire que ces fibres sont Siâles et femelles dans les végétaux qui ont les leux sexes , et que de leur union résulte la faculté qu^ils ont de se reproduire par des boutures. Ce qui nous porte à adopter cette opinion , c^est que cette faculté n^cxiste pas toujours dans les végétaux dont les sexes sont séparés , comme les palmiers-dattiers ; car, si on en coupe la tête, le ^ronc périt, sans pousser même de rejeton. Notre iAée paraîtra tout-à-fait vraisemblable, si Ton B^Diuidère que les animaux dont les sexes sont l|éparés, ne peuvent se régénérer par boutures ; tleors parties divisées perdent la vie sur-le-champ y ^tandis que les hermaphrodites la conservent , tels *gae les vers de terre ou lombrics, dont les tron- *(Oiis, comme les végétaux bisexes, deviennent ""des êtres parfaits, et se reproduisent, suivant les ^eiqpiériences de Deleuzc et de Bonnet. 11 semble ^donc que la flamme de la vie et de Famour soit attachée à la réunion de la fibre mâle et femelle ,
* comme la flamme d'une lampe à sa mèche , com- ^ posée de fil et de coton. Les végétaux et les anit maux hermaphrodites nous en montrent la preuve . ' Cette harmonie existe momentanément dans la
• réunion de ceux dont les sexes sont séparés , non- ^ seulement pendant leur vie , mais même après ^- leur mort.
^ UAncien Testament dit que David, devenu
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vieux , couchait avec une jeune fiUb » unique Ij; ment pour se ranimer; et Plutarque rapporte L qu-à Rome les bvûleurs de corps dans les fbnërailles , mettaient un corps de , femme sur dix .ou douze df'hommes, pour les mieux faire flamber.
Il y a ëlcetricitë eMre la fibre mate et la fibre fe melle, dans toutes les puissances de la nature. Cest sans doute parce que Tune et l'autre sont rëunies dans la plupart des végëtaux, qu'ils se reproduisent non - seulement par leur semence , mais pir leurs tiges, leurs branches et même leurs feoilfes. Par cette fëconditë conjugale , actire dans toutes ses parties , ils forment entre eux un immense fuseau, qui enveloppe le globe, et s^ëtend des apèces aux espèces et des genres aux genres. Qui n'a pas senti , à la vue d'une forêt ou d^une simple prairie , qu'il existait d'autres lois que celles de la végétation ? Ici, le chèvre-feuille rampant embrasse de ses guirlandes de fleurs le tronc rond et raboteux du chêne , et là, une vigne a reçu des mains pour se joindre aussi d'une union sororiale à l'ormeau rameux. Les herbes mêmes des prairies offrent entre elles des accords ravissants; leurs fleurs , variées de tant de couleurs, sont des couches conjugales. Leurs semences aîgrettéa, qui volent dans les airs , résultent de l'harmonie maternelle. Leurs familles s'emparent des sites les plus âpres, et se réunissent en tribus et on
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levons , pour se supporter mutuellement contre les rents. Les espèces des végétaux consonnent avec leurs espèces, et leurs genres contrastent avec leurs genres. La nature nous montre les plantes par vastes amphithéâtres , et la botanique dans des pots. Mais une graminée n^a pas les harmonies d^une prairie , ni un arbre isolé celles d'une for^t. C/est dans Tcnsemble des végétaux que sont répandus les sentiments de grâce , de majesté , d^mmensité que nous font naître les paysages. Qui n'a étudié les plantes que brin à brin, ne connaît pas plus la puissance végétale, qae celui qui n^aurait observé qu^un homme isolé, ne connaîtrait les rapports des familles , des tribus , des nations , du genre humain.
Lliomme seul , sans aucun besoin physique ; est touché des harmonies mutuelles des végétaux. LMnsecte aux yeux microscopiques cherche sa pftture sur cette feuille , qui lui semble une vaste prairie ; le bœuf aux grands yeux mugit de plaisir à la vue du pâturage ondoyant, qui ne lui apparaît que comme une seule feuille : Tun et Tau Ire ne sont mus que par leur appétit ; ils n'admirent dans les plantes, ni les canaux séveux qui ravissent dVtonnement les naturalistes, ni les bouquets qui font palpiter le sein des bergères ; mais Thomme est sensible à toutes leurs harmonies, et ce sentiment se développe en lui avec le fil de ses jours. Enfant à la mamelle , il