HARMONIES VÉGÉTALES DES ANIMAUX
Nous avons donné , au commencement de cette harmonie , mi aperçu des rapports que les végétaux avaient avec les animaux par la variété de leurs espèces , dont les genres prototypes étaient destinés particulièrement à Thomme. Nous allons présenter ici les relations que les animaux ont avec les végétaux par les organes de la vue , de Toiue, de Todorat, du marcher, du goût et des sécrétions. Nous parlerons, aux harmonies animales des végétaux , de la souplesse et de Télasticité des herbes, qui fournissent tant de litière aux animaux ; des cimes feuillées et des rameaux des arbres, qui leur présentent de toutes parts des toits et des abris. En général, les petits végétaux sont ordonnes aux quadrupèdes, et les grands aux oiseaux , par une harmonie qui lie les extrêmes dans la nature. Les harmonies végétales des animaux, dont nous allons parler, devraient être rapportées à la puissance animale , et les animales des végétaux à la puissance végétale , dont
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nous nous occupons ici : mais ces deux puissances se croisent, afin de se maintenir et de se fortifier Tune par Tautre. Sans la végétale , les animaux ne subsisteraient pas; sans Tanimale, les végétaux s^ étoufferaient par leur propagation même. Elles composent, pour ainsi dire, dans leur réunion, une riche étoffe, dont la végétale est la chaîne , et Tanimale la trame. Je n'en présente ici que Tenvcrs avec ses fils , afin de montrer riudilstrie de leur tissu : j'espère en montrer plus tard le dessus dans toute sa fraîcheur.
Les végétaux ont beaucoup de rapports qui paraissent étrangers à leur végétation. Ils portent, en général, bien plus de graines qu'il ne leur en faut pour les reproduire. Un grand nombre de semences sont entourées de pulpes superflues à leur germination. Les graminées ont une mollesse qui les rend incapables de résister longtemfps aux vents, et sur-tout aux hivers. Elles seraient plus fortes et plus durables , si elles étaient ligneuses. Pourquoi une herbe n'est-elle pas de bois comme un petit arbre? Pourquoi, parmi les genres des arbres, y en a-t-il sur le même sol qui restent toujours faibles et humbles, comme ceux des arbrisseaux et des buissons , tandis que d'autres s'élèvent à des hauteurs prodigieuses? Pourquoi enfin y en a-t-il qui sont hérissés d'épines ? La nature , qui ne fait rien en ▼aia, semble ici s'écarter de sa sagesse, et se li-
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vrer à des caprices et à des excès; mais ces superfluitcs sont des prévoyances et des pierres d'attente dans Fcdifice de sa puissance. Les végétaux sont destinés aux animaux, auxquels il fallait des aliments , des litières » des toits et des forteresses.
C'est pour leur faire apercevoir de loin les fruits des végétaux dans leur maturité, que la nature les fait contraster alors de couleur avec les feuilles qui les ombragent. Chaque espèce de végétal même a ses teintes , qui invitent Fespèce d'animal à laquelle elle est destinée, à s'en rapprocher, et qui forment avec elle des contrastes du plus grand agrément. Ainsi, le merle noir vole en sifflant vers la cerise pourprée ; et le taureau, semblable à un rocher, mugit de joie et hâte sou pas pesant, à la vue des prairies en fleur. C'est pour saisir de loin ces convenances végétales, que les animaux ont des yeux, dont la portée s'étend à de grandes distances par la médiation de la lumière de l'astre du jour.
Les nuits mêmes sont favorables à leurs recherches , par le moyen des vents. Les sons que plusieurs fruits mûrs rendent dans leur chute , sont en harmonie avec roùïe des animaux. En Amérique , les siliques brunes et résonnantes du cauneficier , appellent , par leur cliquetis, les oiseaux qui ne peuvent les voir de loin. Au sein même de l'obscurité la plus profonde, le fruit noir
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hi genipa, qui fait en tombant le bruit d^ua aoup de pistolet, invite à la pâture les crabes, qui le voyagent que*de nuit ; et dans nos forêts, la ûkute -des faunes et des glands fait accourir les ongliers sous les hêtres et sous les chênes.
Mais c'est principalement par les odeurs que les plantes attirent les animaux. C'est pour eux gabelles étendent leurs émanations à des distances prodigieuses , et c'est par Forgane de Fodorat qu'ib distinguent l'aliment qui leur est propre. Tout animal flaire ce qu'il veut manger: la théorie de sa botanique est dans son odorat. Ce sens exquis est l'avant-coureur du goût; aussi la nature l'a-t-elle placé immédiatement au-dessus. U est remarquable que la vue, l'ouïe, l'odorat et le goût , sont distribu^^dans la tête , dans le même ordre que les éléments sur le globe ; c'est-à-dire, la lumière, l'air, les vapeurs aquatiques et la terre, et que ces sens forment, comme les éléments auxquels ils correspondent, une progression descendante en étendue, et ascendante en jouissances. La vue s'étend le plus loin, Qiais le goût jouit de plus près. La vue ne saisit que la surface des corps, le goût en pénètre l'intimité, annoncée par l'odorat. Nous observerons Cependant que la nature , qui a compensé toutes choses, n'a donné qu'un odorat très-faible aux l^iseaux, qu'elle a doués d'ailleurs d'une vue perdante , et de la facilité de s'élever sur les ari>]:es.
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afin de voir de loin. Au contraire, elle a aux quadrupèdes , qui vivent à terre et dans herbes , une vue assez bornée , kiaia elle y a joi un odorat très-subtil. Un oiseau granivore juge guère de ses aliments que par leurs et leur couleur, yne poule ne flaire pas grain; mais s'il lui est étranger, elle Téparpilk! avec son bec et ses pâtes, et le considère àt \ad. côtés avant de Tavaler : c'est peut-être parcett raison qu'elle ne mange pas pendant la nmLU|it cheval, au contraire, se repaît dans robscoiilt comme à la lumière ; mais lorsqu'on lui présente son avoine , il ne manque pas de la flairer; et si l'odeur lui en déplaît, il s'en abstient. Le duL dont l'odorat est bien plus subtil, comme cd* de tous les animaughDamassiers, parce qu'ils u cherchent leur proie que la nuit, ne reçoit psi même la nourriture immédiatement de la de son maître ; il semble qu'il craigne de coi' fondre les odeurs de l'une et de l'autre; il frotli lui mettre à terre, afin qu'il puisse l'odoreri part, et juger de ses convenances avec son tftomac.
Mais c'est le goût qui assure à i'anîroal qÊt son aliment est analogue à ses humeurs. Par k plaisir qu'il excite dans ses papilles nerveuses,! en fait jaillir une liqueur savonneuse, appelée salive, qui est le plus puissant des digestifs. Av; d'entrer dans quelque analyse ik ce sujet.
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serveroûs que c'est pour ce sens si varie dans ^ animaux, que les y^gëtaux ont des saveurs in- •inbrables, auxquelles sont attachées, si je puis re, toutes les modulations de la vie. La plupart s plantes ne se distinguent que par des nuances verdure qui souvent se confondent à nos ux ; mais elles diffèrent toutes par des odeurs, ^sur*tout par des saveurs très-variëes qui dërminent leurs vertus. Il est bien étonnant que botanique n'ait employé jusqu'ici que la vue mr en étudier les caractères apparents, souvent oiables et incertains , tandis que le goût en dis- [igue une infinité qui en constituent la nature. n docteur, avec la meilleure* loupe, ne voit l'une espèce de prune dans tous les pruniers du onde, mais un enfant, fut-il aveugle, en difféinde toutes les espèces avec son palais.
D'ailleurs, c'est au sens du goût que tous les ns élémentaires aboutissent. Si ceux de la vue , i l'ouïe, de l'odorat, annoncent aux animaux an aliments , celui du mouvement les y transirte. Le marcher des quadrupèdes n'est pas uleraent ordonné à la terre , mais aux herbes ii y croissent. C'est pour les pâturer qu'ils ont m-seulement de longues jambes, mais aussi de Qg8 cous, afin qu'ils puissent incliner leur boule jusqu'à elles. Le voler des oiseaux firugivores €flt pas seulement destiné à leur faire traverser 9 airs, mais à les conduin^ à l'arbre dont ils
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mangent les fruits. Ils ont pour, cet effe pâtes courtes , armées de trois doigts en avs d!un en arrière pour en saisir les branches, qui cherchent leur nourriture à terre et ne chent pas, n^ont point de doigts en arrière : sont les autruches. Les insectes ont des m( de progression et d^adhësion encore plus nieux, à cause de leur légèreté, qui les expi être enlevés par les vents. La fourmi , avec s pâtes armées de crochets , monte au sommi plus hauts cyprès pour en manger les gr La chenille ranipante grimpe , avec douzi neaux garnis de griffes , sur le tronc des ar et se fixe avec des fils sur leurs feuilles mo Le lourd limaçon parvient au même but a^ glu de sa membrane musculeuse et ondo] La sauterelle voyageuse franchit les herbe prairies par le ressort de ses deux longues bes; mais] la cochenille, faible et sédeni émigré, au sortir de Tœuf , d^un nopal à Vi au moyen des fils que les araignées y te conmie des ponts de communication ; puis i fixe, pour toute sa vie, sur sa feuille épaisa elle enfonce sa trompe fragile. C'est sans pour la mettre en sûreté contre les oiseaui la nature a couvert ce végétal de pointes d^ fines comme des aiguilles. Une herbe n*e moins inaccessible aux oiseaux par ses éj qu'un cèdre aux quadrupèdes par sa haï
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Uin, le nager même des poissons est coordonné MUTS aliments, c'est-à-dire à des végétaux ou à
dissolutions , même dans les ichthyophages.
pour en recueillir les débris aux'embou-' des fleuves, que tant de poissons y abon- Int : les uns, alongés pour passer entre les déiDÎts des rochers , tels que les merlans , les Migres, les murènes; les autres, aplatis pour ttrboter dans les vases ou les sables , comme les kies, les limandes, les carrelets, les flétans; et ^mtres, comme les baleines armées d^unc large Maitae^ remontent en hiver jusqu'aux extrémités ^ la mer du Nord, et pâturent au fond de ses nies, où les courants du sud déposent les alluiras des mers du Midi. Là, elles reposent leur Mte corps sur de grandes prairies de glaïeuls, bovertes d'insectes marins qu'elles brisent dans Sors fanons. Elles y bravent le choc des glaces bottantes de l'été, au moyen du lard épais dont
ne nourriture abondante les a* matelassées.
n était bien juste que la nature donnât à baque genre d'animal des moyens de progrès- Ion divers , puisqu'elle avait placé les aliments e chacun d'eux sur différents sites et à diffésnts étages. Ils sont répandus au sommet des Kmtagnes et au fond des vallées, dans Tépaismr de la terre et dans la profondeur des mers, ir des racines, des mousses, des herbes et des rbres. Il y a plus, chaque végétal nourrit dans
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chacune de ses parties des animaux de genres férents. Il alimente de sa sève les animaux croscopiques ; de ses feuilles, les pucerons et ki gallinscctes; de ses fleurs, les mouches et lespi^' pillons; de ses semences, les oiseauic; de tff tiges, les quadrupèdes; de ses ddbris, les veri^l tarières et les fourmis ;.de ses décompositions, k# poissons. Si nous joignons à ces animaux fhigi^^ vores les carnivores, qui vivent de ceux-ci, dont les genres sont peut-être aussi nombreoi en insectes, en oiseaux, en quadrupèdes et et poissons, nous trouverons que la plus petitr plante est le centre d'une sphère vivante d^anK" maux dont chaque rayon nourrit des genres diP férents. Ainsi, la plus petite mousse peut fort bien nourrir un insecte dans son sein , un qoa* drupède par ses agrégations, et un cétacée par ses décompositions. Telle est sans doute celk dont le renne se paît dans le Nord. Elle donne un asylc au taon terrible qui le persécute : mm^ précipité par les vents au sein des mers, il y devient peut-être lui-même la proie de la baleine* Comme chaque harmonie d'un élément avec k soleil a ordonné sur chaque site de la terre phi* sieurs genres et plusieurs espèces de végétaox, chaque harmonie d'un végétal avec le soleil a or* * donné à son tour plusieurs genres et plusî espèces d'animaux, qui, par conséquent, beaucoup plus nombreux que les premiers. U y >
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(^ OU six mille espèces de mouches en France ^ tl il u*y a pas deux mille espèces de Wgëtaux. U n*esl aucun animal qui manque d'organes tfcessaires à son genre de vie, ou qui en ait de iperflus. Les oiseaux aquatiques, qui barbotent M les vases des rivières pour y chercher des cines ou des vers, ont le bec large et aplati, laque les canards, les oies, les cygnes. Les fru* rores, qui vivent de fruits mous, comme les naonnets et les merles, ont un bec long et Mtttu. U est court , k large base , un peu voiUé , trandiant sur les côtés pour casser les graines, HÉ les granivores, tels que les srrins et les ardonnerets. U est aigu et courbé comme les Mndants d'une tenaille , dans les oiseaux qui vi« ni de semences renfermées dans des coques lettres, tels que les perroquets. Il est trèsnarquable que le nombre cinq, qui forme la tntière division proprement dite du cercle , et nmène la circonférence h \m ceii^r, se trouve ■ployé dans les cinq pétales des fleurs en rose , communes, parce qu'elles réunissent le plus I rayons de soleil à leur foyer; et dans la di-ikm de la main de Thomme en cinq doigts, Mme la plus propre à rassembler, h contenir là saisir un objet; il est, dis-je , très-remar- |Hblt que ce même nombre cinq se retrouve iMiTorgane du touclier des oiseaux. A la vérité, ■ml qui ne perchent pas, n'ont que trois doigts k
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chaque paie, et ceux qui perchent en onttjuatit mais les uns et les autres saisissant pour ^o^ dinaire leur nourriture avec la pâte et le bec, on peut dire que leur bec est le cinquième doigt|| en le considérant comme divisé en deux dam les oiseaux à trois doigts, et comme unique dam ceux qui en ont quatre. Ce rapprochement eit d^autant plus sensible , que le bec des oiseaux est d'une matière cornée comme celle des ergoti de leurs doigts ; qu'il est de la même teinte et dans les mêmes proportions de forme et de Ion gueur. Les uns et les autres sont crochus danslei oiseaux de proie, épatés dans les oies, longi dans les bécasses, et courts dans les moineaux. Les doigts des oiseaux forment donc une v^ table main , et leur bec en est en quelque sorte le pouce. La mène division se rencontre aussi | dans les crabes si voraces : le P. Du Tertre en î compare avec justesse les huit pâtes et les deux ) pinces à deux mains ambulantes, adossées Tune j il Tautre. Les animaux herbivores quadrupèdes^ ont des lèvres épaisses, pour saisir Therbe etFarracher, et un double rang de dents pour la broyer. D'autres, tels que le bœuf et la chèvre, n'ont qu'un seul rang de dents pour la hacher; mais ils ont un double estomac pour ruminer et remâcher des herbes mal broyées. Qui pourrait nombrer et décrire les organes du goût dans lei insectes ? Les uns ont des tarières , comme le ver
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de bois qui eu porte le nom ; d'autres , des mâchoires quadruples f qui agissent à -la-fois de droite et de gauche, et de haut en bas, comme celles de la sauterelle herbivore. Ils ont des râpes, des rabots, des pompes, des dissolvants, des ventouses, des ciseaux, des gouges, des limes, des burins, etc., etc., qui leur servent à extraire leur nourriture de toutes les parties des vf^gi^taux. Qu'on ne nous vante plus Tingc^ieux Uddale, qui inventa la scie pour rétluire en planches les troncs noueux des arbres ; les insectes , avec de *plus faibles outils , les réduisent en poudre.
Enfin les animaux rendent, par leurs excrë* ments sulfun^s, la ftfconditd aux plantes dont ils se nourrissent; souvent ils en ressèment les graines avec eux. Si le buisson donne â Toiseau un asyle fortifu^dans ses rameaux épineux, et des vivres dans ses baies pierreuses, Toiseau, à son tour, ressème les semences indigestibles du buisson. Ainiisi la nature entretient les harmonies de ses puissances les unes par les autres,
Ifbus observerons que les chemins sont bordés de plantes qui convienneiTit tellement à la plupart de nos animaux domestiques, qu'on s'en sert pour les élever, les engraisser et les guérir. Là renofoée, qui étend ses cordons noueux le long des sentiers les plus battus, et crott, pour ainsi dire, sous lea pieds des passants, platt singulièrer I. li
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ment aux porcs , qui cherdient volontiers leur vie le long des voies publiques : ils préfèrent cette lierbe succulente aux graminées, et même au blé. C*est à cause de cette préférence, que les paysans appellent la renouée Therbe au porc. Aii reste, les bœub en mangent avec plaisir, et j*cn ai vu faire de bons et verts pâturages sur des coteaux secs et arides. L'ortie, qui croît si vigoureusement le long des murs des métairies, plaît aux poules dinde au point que, lorsqu'elle est hachée, elle est la meilleure nourriture que Ton puisse donner à leurs poussins. L*anserina potentilla, si aimée des canards et des oies, tapisse de ses fleurs jaunes les bords des mares, où ces oiseaux se plaisent à barboter. Le cliardon, qui vient dans les terrains les plus négligés, fait les délices de Tâne solitaire. Llierbc au chat, qui croît d'elle-même dans nos jardins, attire, la nuit, autour d'elle, par son odeur forte de ineutlie , les chats du voisinage ; ils se roulent dessus, la caressent et en mangent avec un plaisir extrême. Le chiendent, ainsi appelé parce que le ctiien le mange pour se purger, croît par- tout: mais ce végétal cosmopolite sert encore à des animaux aussi utiles à Thomme : les chèvres le broutent avec délices, et leur toison en devient plus belle. Ce n'est point à Tair d'Angora qu'il faut attribuer la finesse, la longueur et l'éclat des poik de chèvre dont les Turcs fout leurs ma^
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gnifiqucs camelot», ainsi que Tout dit quelqucAnatiiraliAtes, nia acs rocher», qui nVxiAtenl point, ouoique j^y en aie Miipponi^ inoi-m^mc, dan» nie» Etudes de la Nature; mai» au chiendent long et soyeux que produisent uniquement ses vaites plaines. Cest au voyageur Dusheck que je dois cette observation ; et il faut en croire cet aimable philosophe, auquel TKurope est redevable du lilas, qu*il apporta d'Orient.
Les plantes cosmopolites croissent en gchii^ral le long des grands chemins. (]e sont des esp^ces d^hospices que la nature y a cUablis pour les animaux domestiques voyageurs. 11 y a apparence quMls en ressèment eux-mêmes les graines indigestibles h leurs estomacs; mais, iVun autre cfilâ^ ils les empêchent, en les broutant, de se propager avec trop d^abondance. La fleur femelle ouvre ses pétales h rinsecle,qui la fc^conde par les poussières d^une fleur mâle. L^hcrbe se met en touffe pour la bouche du quadrupède , qui en ressème les grains dans »ès excréments; Tarbre ensemencé par Toiseau se divise en rameaux pour lui offrir des asyles : mais Tin.secte, à son tour, dépose un ver rongeur dans le sein de la fleur; le ({uadrupèdc, en tondant les prés, les empêche de grener, et ouvre des voi^tesdans les forêts, en broutant leurs branches inférieures; enfm Toiseau sème les arbres en mangeant leurs fruits. Les puissances fégétale et animale se mettent en équilibre par
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ment aux porcs, qui cherchent volontiers l«r vie le long des voies publiques : ils préfèrent cette herbe succulente aux graminées, et même au blé. Cest à cause de cette préférence, que ki paysans appellent la renouée Therbe au porc. Ai reste, les bœufs en mangent avec plaisir, et j'ei ai vu faire de bons et verts pâturages sur des coteaux secs et- arides. L'ortie, qui croît si vigoureusement le long des murs des métairies, phdt aux poules dinde au point que, lorsqu'elle est hachée , elle est la meilleure nourriture que Vùê puisse donner à leurs poussins. L'anserîna potentilla, si aimée des canards et des oies, tapisse de ses fleurs jaunes les bords des mares, où ces oiseaux se plaisent à barboter. Le chardon, qui vient dans les terrains les plus négligés, fait lo délices de Tàne solitaire. L'herbe au chat, qui croît d'elle-même dans nos jardins, attire, U nuit, autour d'elle, par son odeur forte de menthe , les chats du voisinage ; ils se roulent dessus, la caressent et en mangent avec un plaisir ex* tréme. Le chiendent, ainsi appelé parce que le chien le mange pour se purger, croît par- tout: mais ce végétal cosmopolite sert encore à des animaux aussi utiles à l'homme : les chèvres le broutent avec délices, et leur toison en devient plus belle. Ce n'est point à l'air d'Angora ^qu'il faut attribuer la finesse, la longueur et l'éclat des poils de chèvre dont les Turcs font leurs ma«
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gnifiques camelots, ainsi que Tout dit quelques nar '«tnralistes, ni à ses rochers, qui n^existent point, quoique Yj ^n aie supposé moi-même, dans mes Études de la Nature; mais au chiendent long et soyeux que produisent uniquement ses vastes plaines. Cest au voyageur Busbeck que je dois cette observation ; et il faut en croire cet aimable philosophe, auquel TEurope est redevable du lilas, quMl apporta d'Orient.
Les plantes cosmopolites croissent en général le long des grands chemins. Ce sont des espèces dliospices que la nature y a établis pour les animaux domestiques voyageurs. Il y a apparence qa'ils en ressèment eux-mêmes les graines indigestibles à leurs estomacs; mais, d'un autre côté, ils les empêchent, eu les broutant, de se propager avec trop d'abondance. La fleur femelle ouvre ses pétales à Tinsecte, qui la féconde par les poussières d'une fleur mâle. L'herbe se met en touffe pour la bouche du quadrupède , qui en ressème les grains dans ses excréments ; l'arbre ensemencé par l'oiseau se divise en rameaux pour lui offrir dés asyles : mais l'insecte , à son tour, dépose un ver rongeur dans le sein de la fleur ; le quadrupède, -en tondant les prés, les empêche de grener, et ouvre des voi^tes dans les forêts, en broutant leurs branches inférieures; enfin l'oiseau sème les arbres en mangeant leurs fruits. Les puissances ▼ëgétale et animale se mettent en équilibre par
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(les flux et des reflux : j^cn citerai ici un exempk frappant. Tous les gens de lettres connaissfnit la charmante description de Tîle de Tinian, faite par le chapelain de Tamiral Aoson. Cet écriyaia élégant et exact nous a représente les forêts de cette île entremêlées ^ii grandes clairières oà paissaient de nombreux troupeaux de bœufs tovt blancs ; elles étaient arrosées de ruisseaux qui, descendant des montagnes lointaines, allaient se rendre h la mer apr^s avoir arrosé des plaines couvertes d^une multitude de coqs et de pigeons, qui remplissaient Tair de leurs chants et de leurs roucoulements. Il nous représente cette île solitaire comme une riche métairie au sein de la mer du Sud. Des voyageurs modernes dignes de foi, entre autres le capitaine Marchand, traitent aujourd'hui cette description de fabuleuse ; ils n'ont trouvé à Tinian qu^une forêt impénétrable et des marais fangeux, sans troupeaux et sans volatiles. Ces voyageurs, anglais et français, ont également raison. Lorsque Anson aborda à Tinian, cette ilc était peuplée de bœufs sauvages, qui broutaient les branches inférieures des arbres, leurs plants naissants, les tiges des herbes, et entretenaient dans ses forêts des avenues, des pelouses et des clairières. Les navigateurs, et sur-toullesËspagnols des îles voisines, ont détruit ces animaux par des chasses qui étaient déjà fréquentes du temps d' Anson. Alors les arbres ont poussé de toutes
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irti; Icshcrlics ont grcrics et leurs débris, non Iturës, ont obstrué les ruisseaux ; les belles clai- ^ fcres et les pelouses ont disparu. Ainsi les aniaux pâturants répriment le luxe de la puissance 'gëtale; ils sont les premiers jardiniers de la rre, qu'ils fécondent et qu'ils embellissent sans savoir : mais leurs harmonies végétales ne sont 18 encore comparables «^ relies de Tliomme.