HARMONIES AÉRIENNES
Vous qui portez sur vos ailes les premiers mobiles du mouvement et de la vie, doux Zéphyrs, * bruyants Autans, soit que vous étendiez dans les cieux les voiles légers de l'Aurore , ou les noires tempêtes du couchant ; soit que vous ridiez la surface des eaux, ou que vous les creusiez en vallées profondes; soit que vous transportiez d'une extrémité de la terre à l'autre les fleuves qui doivent la féconder, ou que vous détachiez des pôles les montagnes de glace qui renouvellent les mers : amants légers des prairies , tyrans des forêts gémissantes, voix errantes des rochers, vous animez tout ce qui est insensible. Combien de fois vos bruits lointains, vos mystérieux échos m'ont plongé dans d'ineffables rêveries ! Répandez seulement dans mes écrits les
DE LA NATUKE. 827
simples harmonies de vos sons : je n^aurai pas besoin de recherchies profondes ni de brilUnte^ images pour charmer mes jemies lecteurs ; il suffira de vos murmures.
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