PRÉAMBULE DE L'ARCADIE
L^USAGE det DOtet, tî commun aajourd'haî dans nos Ufrct, Tient, d^ une pari, de la mabdrcsse des auteurs, qui se iroufcnl embarratfrés pour interpoler dans leurs ouvrages des obMrntions qu'ils croient intéressantes; et de Tautre, de la délicatesse dps ItTteiirs « qui ne veulent point être interrompas dans leur lecture , par des dîgres&ions. Les anciens , qui écrivaîeat mieux que nous, n'ajoutaient point de notes à leur texte ; mais ils s'y écartaient k droite et à gauche, suivant leurs besoins. CVst ainsi qu'ont écrit les philosophe» et les historiens les plus célèbres de Tantiquité, tels qu'Hérodote, Platon, Xénophoo,
Tacite, le bon Plutarque Leurs digressions répandent, à
mon a>is, une agréable variété dans leurs ouvrages. Ils vous font voir bien du pays en peu de temps , et vous promènent par des lacs , des montagnes , des forêts , en vous conduisant tout^ fois au but; ce qui n'est pas ai^é. Mais cette marche (atigup nos auteurs et nos lecteurs modernes , qui ne veulent voyager que dans des plaines. Four Ater donc aux autres, et sur-tout à moi, une partie de l'embarras du chemin, j'ai fait des notes, d je les ai mises à part. Cet ordre, de plus, a cela de commode pour le lecteur, qu'il ne sera point obligé de les lire si le teitr Tennuie.
KOTES BU PRIÊAMBULE, etC. 44^
Dîen m^a bit cette insigne £iveur,qae queUjae trouble qu'ait éprouvé ma raison , je nVu ai jamais perdu Tusage à mes yeux, et sur-tout k ceux des autres hommes. Dès que je sentais les paroxysmes de mon mal, je me retirais dans b solitude. Quelle était donc cette raison extraordinaire qui m'avertissait que ma raison ordinaire se troublait? Je sub tenté de croire qu'il y a dans notre ame un foyer inaltérable de lumières, que les plus épaisses ténèbres ne peuvent obscurcir entièrement C'est, je pense, ce sensorium qui avertit Ihomme ivre que sa raison est exaltée , et le vieillard caduc que sdn jugement est affaibli. Pour voir luire ce flambeau au dedans de nous, il fiiut le calme des passions, la solitude, et sur-tout Thabitude de rentrer en soimême. Je regarde ce sentiment intime de nos fonctions intelkctnelles , comme l'essence même de notre ame et une preuve de ton immatérialité.
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Le docteur Roux, auteur du Journal de Médecine, et le docteur Buquet, professeur de la Faculté de Médecine de Paris ; tons deux morts, dans la force de Tâge, de leurs propres remèdes contre les maux de nerfs.
Quoique j'aie coutume de nommer dans mes écrits , lorsque j'en trouve Toccasion , les personnes qui m'ont rendu quelque fenrice, et auxquelles j^ai des obligations essentielles , ce n^en est ni le temps ni le lieu. Je n'ai mis ici , des mémoires de ma vie^ que ce qui pouvait servir de préambule à mon ouvrage sur l'Arcadie.
444 N-OTES DU PREAMB-ULl^