‹ Œuvres complètes de Jacques-Henri-Bernardin de Saint-Pierre, mises en ordre et précédées de la vie de l'auteurChapitre 17 sur 19 · PAG · texte numérisé non relu

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11 y avait , ce me semble , plusieurs défauts dans les établissements des jésuites au Paraguay. Comme ces xeligîeux ne se mariaient pas , qu^ils nWaient point en eux-mêmes de principe indépendant d'existence ,.qu^ils se recrutaient toujours avec dei Européens, et qu'ils formaientdans leurs Rédemptions mémeune nation dans une autre nation, il estarrivé que la destractîon de leur ordre en Europe a entratné celle de leurs établissements en Amérique.D^ailleurs, la régularité conventuelle et les cérémonies multipliées quUls avaient'introduites dans leur administration politique, ne pouvaient convenir qu^à unjpeuple enfant, qu'il fimt sans cesse tenir par la lisière et condiiire par les yeux. Ils n'en mér riïent pas moins une louange immortelle, pour avoir rassemblé une multitude de barbares sous des lois humaines, et leur avoîr enseigné les arts utiles à la vie , en les préservai|t de la coff ruption des peuples civilisés.

Us mangent aussi des cbiens , ces amis naturels de Thomme. J'ai remarqué que tout peuple qui avait cette coutume ^ n'épargnait pas dans l'occasion la cbair de ses semblables : manger des cbiens est un pas vers Tanthropophagie.

Nom des bommes du peuple à l'tle de TaYty , et dans les Ues de cet archipel. Il ne leur est pas permis de manger de chair de porc, qui y est excellente , quoique cet animal y soit fort commun. Elle est réservée pour les £-Arrés, qui sont les chefs. Les toutous élèvent les porcs, et les E-Arrés les mangent *

* VoycE les Voyages du capiulne Gook.

'BE L^ARCAiHE. 445

*Ce8 comparaûons sont des beautés qoi semblent réservées à 9a poésie; mais je crois que la peinture pourrait se les approprier ^ en tirer de grands eiïets. Par exemple, lorsqu'un peintre représente sur le devant d^un tableau de bataille, un jeune bomme d'un caractère intéressant tué et étendu sur Therbe , il ponrpait mettre auprès de lui quelque belle plante sauvage analogue à son caractère , dont les fleurs seraient pendantes et les tiges it demi-coupées. Si c'était dans un tableau de bataille moderne , il pourrait y mutiler, et , si j'ose le dire, y tiier des végétaux d'un plus grand ordre , teb qu'un arbre à firnit , ou même un cbéne ; car nos boulets font bien un autre désordre dans nos campagnes, que les flècbes et les javelots des anciens, ils labourent les gazons des collines, brisent les forêts, coupent les jeimes arbres en deux, et enlèvent de grands éclats du tronc des plus vieux chênes. Je ne crois pas avoir jamais vu aucun de ces effets dans les tableaux de nos batailles modernes. Ils sont cependant bien communs dans nos guerres , et redoublent les impressions de terreur que les peintres se proposent de (aire naître en représentant Je pareils sujets. La désolation d'un pays a encore plus d'expression que des groupes de morts et de mourants. Ses bocages brisés , les sillons noirs de ses prairies et ses rochers écornés , montrent les effets de la fiirear des hommes , qui s'étendent jusqu'aux antiques moanments de la nature. Ou y reconnut la colère des rois , qui est leur dernière raison , ainsi qu'on le Ut sur leurs canons : Vliùna ratio regum. On pourrait même exprimer dans toute l'étendue d'un tableau de bataille, les détonations du bruit de l'artillerie, que les vallons répètent à plusieurs lieues de distance, en représentant, dans les lointains, des bergers effrayés qui s'ébignent avec leurs troupeaux, des volées d'oiseaux qui

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