‹ Œuvres complètes de Jules LaforgueChapitre 46 sur 151 · AUX MINUITS POLAIRES · texte numérisé non relu

AUX MINUITS POLAIRES

Le Globe, vers l’aimant, Chemine exactement,

Teinté de mers si bleues De cités tout en toits,

De réseaux de convois Qui grignotent des lieues.

O ma côte en sanglots !

Pas loin de Saint-Malo,

Un bourg fumeux vivote, Qui tient sous son clocher, Où grince un coq perché, L’Ex-Voto d’un pilote !

LES COMPLAINTES

Aux cierges, au vitrail,

D’un autel en corail,

Une jeune Madone Tend d’un air ébaubi Un beau cœur de rubis Qui se meurt et rayonne !

Un gros cœur tout en sang, Un bon cœur ruisselant, Qui, du soir à l’aurore,

Et de l’aurore au soir,

Se meurt, de ne pouvoir Saigner, ah ! saigner plus encore !

POÉSIES

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