‹ Œuvres complètes de LamartineChapitre 158 sur 186 · CCXXVIII · texte numérisé non relu

CCXXVIII

Quand il fut sorti, j'entrai dans le cachot sous l'apparence de mon service.

Hyeronimo me dit & son aise que le moine ne m'avait pas bl&mée de ma ruse, qu'il ne la trahirait pas jusqu'après sa mort ; qu'il avait un Taible espoir d'obtenir, non sa liberté, mais sa vie de monseigneur le duc. si ce prince, qui était à Vienne en Autriche, revenait à Lucques avant le jour marqué dans le jugement pour l'eiécution ; mais que si, malheureusement, le duc retardait son retour dans ses États, personne autre que le souverain ne possédait le droit de gr&ce, et qu'il n'y avait qu'à accepter la mort de Dieu, comme il eu avait accepté la vie ; que, dans cette éventualité terrible, le père Hilario le confes8«-ait au dernier moment, lui donnerait le sacrement et ne le quitterait pas même sur l'échafaud, jusqu'à ce qu'il l'eût remis pardonné, sanctifié et sans (aclie entre les moins de Dieu.

Hyeronimo, en me racontant cela sans pleorer, me dît qu'une seule chose lui coûtait trop pour qu'il pAt jamais se résigner à mourir sans désespoir et sans soif de vengeance contre le chef des sbires, son véritable assassin, et que

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